FILIÈRE. La crise sanitaire et économique du coronavirus doit être l'occasion de passer à la vitesse supérieure de la transition énergétique des bâtiments, selon Hervé de Maistre, président de l'Association française des industries de produits de construction (AIMCC). L'organisation apporte sa contribution au plan de relance du Gouvernement, en demandant notamment de mettre le paquet sur l'accompagnement des ménages.


Beaucoup ont parlé - et parlent encore - du monde d'après, celui qui doit succéder à la crise sanitaire, économique et sociale du coronavirus. La période de confinement a notamment braqué les projecteurs sur l'impact environnemental des activités humaines, mais les gouvernements du monde sont-ils prêts à en tirer les leçons et à prendre un nouveau départ ? Pour l'heure, en France, les contributions des secteurs d'activité et des organisations professionnelles ne cessent d'affluer pour indiquer à l'exécutif les pistes de relance jugées les plus prometteuses et les plus pertinentes. L'Association française des industries de produits de construction (AIMCC) a elle aussi fait parvenir à l'Etat ses propositions de reprise, en insistant particulièrement sur l'accompagnement des ménages dans les opérations de rénovation thermique de leurs logements, à l'heure où, pour les industriels, la transition énergétique des bâtiments doit passer un nouveau cap. Hervé de Maistre, président de l'AIMCC, revient en détail sur cette feuille de route économique mais aussi sociale pour Batiactu.

 


Batiactu : Quelle est la situation des industriels de la construction en cette sortie du confinement sanitaire mais aussi en ce début de crise économique qui s'annonce ?

 

Hervé de Maistre : Aujourd'hui, nous sommes dans une reprise assez progressive, avec une dynamique un peu différente suivant les segments et les chantiers : les petits chantiers diffus de rénovation opérés par les artisans et les particuliers semblent reprendre à un rythme assez proche de la normale, tout comme les maisons individuelles et le logement neuf en général. Mais plus les chantiers sont gros et structurés, plus la remise en route semble compliquée et lente : les logements collectifs, le tertiaire, public comme privé, sont assez en retard par rapport au reste. La région parisienne est aussi assez nettement positionnée en-deçà des autres régions en termes d'activité. Les carnets de commandes étaient de bon niveau avant la crise du Covid, il y a donc des chantiers qui sont en train de se terminer et il y aura probablement une activité assez proche de la normale cet été, avec un certain nombre d'entreprises qui vont faire l'effort de travailler au mois d'août pour finir des projets.

 

Mais nous sommes beaucoup plus inquiets pour la seconde partie de la crise, dont on ne sait pas exactement quand elle pourrait intervenir - on va dire à partir de septembre et plutôt vers la fin de l'année -, comme conséquence du trou d'air des transactions diverses que l'on a constaté pendant cette crise. On craint un deuxième coup qui pourrait être très violent et qui pourrait aller de paire avec l'augmentation du chômage annoncé pour la rentrée.
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