PRITZKER 2019. A travers l'architecte japonais Arata Isozaki, les jurés du prix Pritzker ont souhaité récompenser une œuvre diverse, internationale et témoin de l'Histoire.

"Possédant une connaissance aboutie de l'histoire de l'architecture et de sa théorie, adoptant des postures d'avant-garde, il ne s'est jamais simplement contenté de répliquer des projets existants, mais plutôt de les challenger." C'est le jury du prix Pritzker 2019 (voir sa composition en encadré ci-dessous) qui s'exprime ainsi, à propos du lauréat annuel, le japonais Arata Isokazi. "Il a crée des bâtiments de grande qualité, qui défient toute catégorisation [...] et sont toujours frais dans leur approche."


"Il n'a pas suivi les modes, mais son propre chemin"

 

Un simple coup d'œil sur certaines des œuvres de l'architecte, dans les pages suivantes, suffit à prouver la variété de ses projets. "Ce qui paraît évident, c'est qu'il n'a pas suivi les modes, mais son propre chemin", estiment les jurés du Pritzker. "Son champ d'intervention s'est étendu avec les années, incluant des projets à toutes les échelles, dans de nombreux pays. [...] Il s'agit clairement de l'une des figures les plus influentes dans le monde contemporain de l'architecture, en constante recherche, n'ayant pas peur d'évoluer et d'essayer de nouvelles idées."

 

 

Il a douze ans lorsque Hiroshima est bombardée

 

Arata Isozaki est né en 1931 à Ōita, au Japon. Il a douze ans au moment des bombardements nucléaires de Hiroshima et Nagasaki. "Lorsque je me suis trouvé en âge de commencer à comprendre le monde, ma terre natale a été dévastée. De l'autre côté de la cote, la bombe atomique a été lâchée sur Hiroshima, j'ai donc grandi sur 'ground zero'. Tout était en ruines, il n'y avait plus d'architecture, plus de bâtiments et plus même de ville", explique l'architecte. "Ma première expérience de l'architecture a ainsi été l'absence d'architecture."

 

Son style, c'est d'en changer souvent

 

Il fait ses études à Tokyo, et débute son apprentissage au sein du cabinet de Kenzo Tange, un autre Pritzker. L'architecte monte son agence en 1963. Pour répondre aux besoins massifs de reconstruction après la Seconde guerre mondiale, Arata Isokazi considère qu'il ne peut pas se contenter d'un seul style, mais d'en changer constamment. Jusqu'à être pris à son propre jeu : "Paradoxalement, c'est devenu mon propre style que d'en changer constamment", s'amuse-t-il.

 

Bien qu'il ait, en toute logique, commencé à travailler localement, sa vision s'est internationalisée, au point où il est considéré comme ayant "facilité le dialogue est-ouest". Sa première œuvre à l'étranger est celle du Musée d'art contemporain de Los Angeles. S'ensuivent de nombreux projets réputés : Palau Sant Jordi (1983-1990 Barcelone, Espagne), Team Disney Building (1987-1990, Floride, États-Unis), Pala Alpitour (2002-2005, Turin, Italie), Allianz Tower (2003-2014 Milan, Italie).

 

En France, Arata Isozaki est officier de l'ordre des arts et des lettres 1997.

 

Membres du jury
Stephen Breyer, juge à la Cour suprême de justice américaine ;
André Aranha Corrêa do Lago, critique architectural, conservateur, ambassadeur brésilien en Inde ;
Richard Rogers, architecte et Pritzker 2007 ;
Sejima Kazuyo, architecte et Pritzker 2010 ;
Benedetta Tagliabue, architecte et enseignant ;
Ratan N.Tata, patron du conglomérat Tata ;
Wang Shu, architecte, enseignant et Pritzker 2012 ;
Martha Thorne, directrice exécutive du prix Pritzker.

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