Près d'une quarantaine d'hydroliennes seront installées dans le lit du Rhône afin de constituer une première ferme pilote qui sera opérationnelle en 2018. Plusieurs machines isolées fonctionnent déjà dans des cours d'eau français, mais aucune installation de cette ampleur n'existe encore.

La Compagnie nationale du Rhône (CNR), producteur historique d'hydroélectricité sur le Rhône, poursuit son engagement dans les sources d'énergie renouvelables en lien avec le fleuve. Elle prévoit d'installer, en 2018, une ferme de 39 hydroliennes à Génissiat (Ain), dans un secteur encaissé, proche de la frontière suisse, où le courant est particulièrement fort.

 

Pour l'occasion, la CNR est associée au concepteur grenoblois d'hydroliennes HydroQuest et aux chantiers navals Constructions mécaniques de Normandie (CMN), qui assemblera les machines. L'ensemble de la ferme représentera une puissance de 2 MW, soit environ 50 kW par unité. Elle produira en moyenne 6.700 MWh par an, correspondant à la consommation de 2.700 habitants et permettant d'éviter l'émission de 2.000 tonnes de CO2 dans l'atmosphère. Les trois partenaires expliquent que les hydroliennes seront installées par groupes de trois, espacés de 150 mètres, sur un secteur long de 2 km en tout. Les engins sont, selon le constructeur, "adaptables à tout profil de rivière offrant un minimum de 2 mètres de tirant d'eau". Ils sont constitués de turbines à axe vertical et reposent sous une barge flottante, ancrée au fond du lit du cours d'eau, facilitant ainsi la maintenance et les contrôles. Deux modèles existent, le 1.40, qui dispose de deux turbines (40 kW), et le 2.80, qui porte cette puissance à 80 kW en doublant leur nombre.

 

Hydroquest
Hydroquest © Hydroquest

 

"La taille significative du projet servira de référence et de vitrine pour le développement de cette nouvelle technologie à l'international", Jean-François Simon, p-dg d'HydroQuest

 

Une première machine HydroQuest avait été immergée dans la Loire, à Orléans, à la fin de 2014 puis raccordée au réseau électrique pendant une dizaine de mois, afin de tester son comportement et mesurer ses performances en milieu naturel. La société annonçait alors : "Suite à la réussite de ce projet, HydroQuest a pour objectif d'implanter à travers le monde des parcs de plusieurs dizaines de machines permettant d'alimenter en électricité des dizaines de milliers de personnes". Une prophétie qui commencera à se réaliser l'an prochain. Ahmed Khaladi, le chef de projet chez CNR, déclare : "Ce projet de ferme d'hydroliennes fluviales constitue une première mondiale de par sa dimension et sa complexité. Il permettra de valider la viabilité technico-économique de cette récente et innovante technologie de production d'énergie renouvelable". D'autres sociétés travaillent sur cette thématique particulière des EnR, dont Bertin Technologies (groupe Constructions industrielles de la Méditerranée, CNIM), qui a développé sa propre machine nommée "Urabaila" et l'a déployée dans l'Adour, près de Bayonne, en novembre 2015.

 

Le projet nécessitera un budget total de 12 M€ et entrera dans le cadre de l'appel à projets lancé en août 2015 par l'Ademe.

 

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