MARCHÉS. Grâce à l'engouement français pour les pompes à chaleur, le secteur des conduites synthétiques et des planchers chauffants-rafraîchissants affiche une belle santé. Claude Brand, vice-président de Cochebat, et les présidents des commissions Promotion et Technique du syndicat, apportent des précisions sur ces bons résultats.

Le syndicat national des fabricants de composants et de systèmes de chauffage, rafraîchissement et sanitaire (Cochebat) rayonne. Ses derniers chiffres de marché pour les canalisations de synthèse sont plus qu'encourageants, puisqu'ils sont supérieurs à la moyenne enregistrée. Pour les planchers chauffants et rafraîchissants, par exemple, la progression a été de +5 % en 2018 dans un marché du chauffage qui n'a cru que de +3 %. La solution équiperait aujourd'hui une maison individuelle neuve sur deux, généralement au rez-de-chaussée (80 % des cas). Le parc installé représenterait aujourd'hui 4,6 millions de m² chauffés. Cédric Lanaud, le président de la commission technique de Cochebat, explique : "La certification Certitherm garantit un niveau de performance et valide les courbes d'émission et d'absorption pour l'ensemble du système chauffant, y compris sa régulation". La solution se montrerait ainsi économe en énergie puisque reposant sur de la basse température (35-40 °C). Voire de la très basse température dans un avenir proche, de l'ordre de 25-27 °C, grâce aux progrès de l'isolation des maisons. Le spécialiste reprend : "Environ 70 % des capacités d'isolation de la dalle mise en œuvre sont supérieures ou égales à R 2,6". La chaleur est diffusée par rayonnement de façon homogène dans la pièce équipée. Cochebat ajoute que la sensation de bien-être interviendrait à des températures plus basses qu'avec d'autres solutions de chauffage, 18 °C en température ambiante contre 20 °C, amenant des consommations énergétiques faibles. "En rafraîchissement, le plancher est le vecteur idéal couplé à une PAC réversible air-eau", ajoute Cédric Lanaud. Dans le collectif, la part de ces solutions reste faible, de l'ordre de 5 à 8 % du marché. Mais les choses pourraient évoluer.

 

Des solutions pour le neuf et la rénovation

 

Pour l'hydro-distribution, le syndicat explique que les tubes en polyéthylène réticulé (PER ou PE-X) représentent un marché mature, qui devance la tuyauterie cuivre, avec 90.000 km vendus en 2018 (+2 %). Sa première application concerne les réseaux encastrés et les liaisons terminales, en connexion avec la robinetterie. Ces produits s'adressent principalement au marché du neuf, alors que les tuyaux multicouche montent en puissance dans la rénovation, qu'il s'agisse d'apparent ou d'encastré. Ces tubes séduisent de plus en plus (+5 %), en particulier lorsqu'ils sont pré-isolés (+20 %). Les plus gros diamètres (supérieurs à 40) sont également en forte croissance (+10 %), "notamment pour la rénovation des logements sociaux, grâce à la rapidité de leur mise en œuvre", fait valoir Hugues de Marne, président de la commission Promotion de Cochebat. Des évolutions réglementaires sont intervenues récemment, avec l'application depuis janvier 2019 de la norme NF 545 "Réseaux de chauffage et distribution sanitaire" aux tubes, raccords et canalisations PE-X et polybutylène (PB).

 

Les industriels du Cochebat, récemment rejoints par Geberit et Finimetal, espèrent tirer parti des évolutions attendues dans le monde de la construction. C'est le vice-président du syndicat qui en parle : "Il y a de réels enjeux de société : régulation et connectivité pour une gestion fine, chauffage et rafraîchissement en une seule installation, qualité de l'air intérieur améliorée puisqu'il y a peu de convection et de mouvements d'air. Pour l'aménagement intérieur, le plancher chauffant fait gagner de l'espace puisqu'il n'y a plus de radiateurs". Attention toutefois : dans le cas de la très basse température et des maisons en étage, il sera coûteux d'adopter cette solution en R+1, compte tenu des travaux à réaliser dans la chape, qui sera d'ailleurs plus épaisse de 10 cm pour intégrer isolant et serpentin. Dans le cas où le vecteur eau basse température serait privilégié dans tous les étages de l'habitation, il impose d'adopter des gros radiateurs… qui s'avèrent plus volumineux que de simples radiateurs électriques. Les professionnels de la filière vantent le confort des maisons équipées de planchers chauffants-rafraîchissants et n'hésitent pas à comparer le système à une climatisation douce en été, capable d'abaisser la température de 4 °C sans courant d'air froid. La prochaine réglementation environnementale tiendra-t-elle compte de ces arguments ?

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