CONJONCTURE. En 2017, le marché des planchers chauffants-rafraîchissants basse température a retrouvé son niveau d'activité de 2011, qualifié de "remarquable" par Cochebat, le syndicat national des fabricants de composants et de systèmes intégrés. La technologie a été portée par la reprise des constructions de maisons individuelles mais fait également une percée dans le collectif et les ERP.

Selon Cochebat, plus de 400.000 logements sont désormais équipés de systèmes de planchers chauffant-rafraîchissant basse température (PCRBT) en France. Le syndicat national des fabricants de composants et de systèmes intégrés de chauffage, rafraîchissement et sanitaires annonce que ce marché a retrouvé, en 2017, le niveau record qu'il connaissait en 2011 et que cette dynamique, portée par la reprise de tout le secteur de la construction, se poursuivait dans les premiers mois de 2018.

 

Dans le segment de la maison individuelle, plus d'une maison sur deux serait équipée en PCRBT, principalement au rez-de-chaussée. Dans celui du logement collectif, la part de marché est plus faible et représente environ 5 % des projets en 2017, mais elle est en progrès. Quant aux établissements recevant du public (ERP), Cochebat ne précise pas la part de marché que cette technologie détient, mais le syndicat fait valoir qu'elle "reste stable et significative" bien que ce segment soit lui-même en recul. Les solutions à la fois chauffantes et rafraîchissantes en murs, plafonds ainsi que les systèmes minces ont connu une hausse de leur activité l'an passé, même si elles plafonnent à moins de 5 % de toutes les installations de chauffage.

 

Pas d'entretien, pas de bruit, pas d'allergies…

 

Le syndicat met en avant de nombreux atouts pour ces systèmes : "Performance thermique, confort, gain de place, silence, économie…" ainsi qu'un autre argument, celui de l'hygiène, puisque les PCRBT n'entraînent pas de mouvements d'air ni de poussières au sein de l'habitat. La nécessaire fiabilité de ces installations enfouies dans le sol (ou les murs et plafonds) repose sur des matériels éprouvés et un important savoir-faire de la part des installateurs. Cochebat note que le tube multicouche s'impose peu à peu sur le marché français "grâce à ses qualités hygiéniques, économiques mais aussi à sa facilité d'installation". Plus maniable que le cuivre, il serait également moins cher et insensible à la corrosion, d'où une progression de +12 % en 2017. Le tube PEX/PB (polyéthylène réticulé/polybutylène), présent sur l'ensemble des segments du neuf (individuel, collectif, tertiaire), a également conquis des parts de marché (+6,6 %).

 

Concernant la marque de qualité Certitherm, le syndicat qui la promeut annonce avoir élargi son champ d'application pour s'adapter à l'ensemble des systèmes installés sur le marché et mieux répondre aux exigences du label E+C-. Elle englobe désormais les systèmes dont la résistance thermique est comprise entre 0,75 et 5,5 (même si une résistance de 2,4 est obligatoire). Cochebat avance un gain de coefficient d'énergie primaire (Cep) de 10 %, des économies de matériaux utilisés pour une maison de 3 %, un gain de surface habitable de l'ordre de 7-8 % et des économies potentielles sur la consommation de 5 à 10 %. L'empreinte carbone estimée de telles installations a été fixée à 21,6 kilogrammes d'équivalent CO2 pour 1 m², sur toute la durée de vie.

 

En neuf comme en rénovation

 

Les perspectives sont bonnes pour le marché des PCRBT, puisque les professionnels expliquent qu'il existe un décalage par rapport au redémarrage du marché des maisons individuelles, encore porté par les primo-accédants qui recherchent des surfaces plus petites. Le marché français devrait donc continuer à croître grâce cette fois au collectif et aux rénovations. Sur ce type d'opérations justement, Cochebat signale que les systèmes sont légers et de faible encombrement. Des solutions minces, installées sous chapes humides ou sèches, permettent de s'adapter à différents intérieurs. Des hauteurs de réservation de sol de 71 mm (classique) et de 56 mm (chape mince avec dalles à plots de R=0,75) sont possibles, tandis que certains systèmes spéciaux, quatre fois plus légers et encore plus fins, sont également disponibles. Ces derniers peuvent descendre à 25-50 mm (système sec avec plaques minérales remplaçant la chape de béton) voire 17 mm (système humide sans isolant).

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