Les crises rappellent toujours la valeur de l'argent et des investissements... comme celle de l'anticipation et de la planification. Le tout est de savoir se donner le temps de recueillir et d'analyser les données pertinentes pour mener ces actions, avant que les urgences ne prennent le dessus. Car en parlant d'urgences, elles ne cessent de s'empiler en ce moment... Et les factures s'allongent.
"La vie n'a pas de prix", Argent trop cher, Téléphone
Sur le front du climat, les incendies se multiplient, toujours plus dévastateurs, notamment en Gironde et dans le Var, ces derniers jours.
Les catastrophes naturelles s'enchaînent, au point qu'il faut se demander désormais aussi comment améliorer les dispositifs d'aides, pour reconstruire tout ce qui est dévasté. L'évolution des mécanismes assurantiels, notamment en lien avec le régime des catastrophes naturelles, c'est d'ailleurs ce que propose le député de Charente-Maritime dont la proposition de loi (visant aussi à reconnaître une politique nationale d'adaptation au changement climatique), devrait être examinée au Sénat dès la rentrée.
Alors que canicules, et donc sécheresses, sévissent de plus en plus, il devient également plus que nécessaire d'engager des programmes de valorisation et de préservation de la ressource eau. Sur ce volet, l'on voit ainsi une enveloppe se rallonger avec raison : celle des AquaPrêts, accordés par la Banque des Territoires aux collectivités qui portent des projets en ce sens, portée à 6 milliards d'euros d'ici à 2028.
Pendant ce temps-là, l'ensemble des industriels de la pompe à chaleur et de la climatisation, accompagnés de leurs fédérations professionnelles, ont été reçus en grande pompe par le ministre délégué à l'industrie, sous les ors de la République. L'objectif ? Développer une filière structurée autour de la Pac européenne, un secteur à la dynamique désormais établie : besoins, pertinence économique et souveraineté, obligent. Et pourquoi pas pour cela, commencer par étudier la piste du crédit d'impôt industrie verte, est-il ainsi proposé.
"Ce marché doit être accompagné et structuré, car nous ne produisons sur notre sol à peine quelques dizaines de milliers de Pac air/air, alors que le marché, aujourd'hui, en France, est d'environ 800.000 unités. En Europe, il atteint quasiment 9 millions d'appareils." Sébastien Martin, ministre délégué chargé de l'Industrie, le 20 juillet 2026.
En attendant, sur le front des installations et en action immédiate, l'arrêté abaissant le taux de TVA de certaines pompes à chaleur air-air réversibles à 5,5%, pourtant prévu seulement à la rentrée, a été publié au Journal officiel dès ce 17 juillet 2026.
Sur un tout autre sujet (mais nous restons ainsi dans le monde industriel), certains fabricants se sont faits épingler cette semaine par la Commission européenne à cause d'une possible entente sur les prix, contraire aux règles de la concurrence et avec à la clé, des amendes qui pourraient coûter bien cher. Les mis en cause s'engagent à coopérer avec les autorités.
Côté gouvernement, la non-démission de Monique Barbut, ministre de la transition écologique a provoqué quelques remous. Rattrapée par le Président de la République, elle a préféré finalement rester dans ce qui "n'est pas son monde", malgré son opposition à la loi d'urgence agricole adoptée cette semaine.
"Je l'ai souvent dit : la politique n'est pas mon monde." Message de Monique Barbut, ministre de la transition écologique, diffusé le 22 juillet 2026 sur ses réseaux sociaux, annonçant son souhait de démissionner.
Elle entend se consacrer à "l'urgence d'agir" contre les conséquences du changement climatique, notamment l'accélération de l'adaptation, et "répondre aux enjeux de santé environnementale."
Une nouvelle Arlésienne ? La rénovation d'envergure de la Tour Montparnasse, à Paris, a également fait parler d'elle cette semaine. Tandis qu'une première phase de curetage, désamiantage et dépose de façade pour les quatre premiers étages devrait bien avoir lieu, la rénovation proprement dite, et telle qu'envisagée il y a de cela 10 ans maintenant, semble désormais compromise. Le principal copropriétaire se serait en effet opposé au démarrage des travaux lors de la dernière assemblée générale. Une facture qui gonfle de 300 à 800 millions d'euros, sans avoir forcément l'engagement ferme des banques, cela refroidirait tout à chacun.
Sur le front de la crise du logement et de la construction, la situation est toujours complexe. L'impact économique est fort sur les acteurs, comme les agences d'architecture, dont la période est marquée par des licenciements et des liquidations judiciaires, selon le Synatpau, syndicat représentant les architectes salariés, interviewé cette semaine. Le promoteur Nexity a vu quant à lui son chiffre d'affaires de nouveau en recul au premier semestre.
Et les nouvelles européennes inquiètent, en particulier la future révision des accords de Bâle (Bâle IV), qui fixent les règles encadrant la solidité financière des banques, dont l'impact sur l'obtention des crédits immobiliers, tant pour les particuliers que pour les professionnels, est à craindre.
Si l'on en croit la dernière étude Xerfi consacrée au marché du bâtiment à horizon 2030, il faut croire néanmoins à un redressement du secteur du bâtiment en France dans les années qui viennent. À tout le moins, sur certains marchés. Cela laisse espérer une sortie de crise, à défaut d'un véritable rebond.
Si nous prenons maintenant ce sujet à l'échelle mondiale, un autre constat s'impose. Dans un rapport publié en ce mois de juillet 2026, l'agence Habitat des Nations Unies alerte en effet sur le risque de "bidonvillisation" du monde et une faiblesse structurelle : l'insuffisance de moyens des collectivités territoriales. Elle appelle donc à mieux planifier l'urbanisation et à adopter des politiques de logement intégrées anglées prioritairement sur les populations les plus vulnérables. "Aujourd'hui, 3 milliards de personnes manquent de logements adéquats, tandis que 1,16 milliard vivent dans des quartiers informels et des bidonvilles", a rappelé Anacláudia Rossbach, la directrice de l'agence ONU-Habitat ce 15 juillet.
Pour terminer sur une note plus joyeuse, tournons-nous vers certains projets qui ont illuminé notre semaine. Coup de projecteur en premier lieu sur les savoir-faire techniques hors normes qui sont déployés sur le chantier du Grand Paris Express (GPE) : ces 21 et 22 juillet c'est ainsi par exemple, l'opération de ripage réalisée du côté de la gare du RER C Les Grésillons, afin de permettre la correspondance entre cette dernière et la future station éponyme du GPE. Notez que le coût global du raccordement des 26 gares de la SCNF au Grand Paris Express s'élève à près d'1 milliard d'euros. Mais pour la bonne cause : l'investissement permettra aux franciliens de bénéficier prochainement "du réseau de transport public le plus dense d'Europe", se réjouit Pierre Labarthe, directeur exécutif des gares d'Île-de-France à la SNCF.
Partons ensuite vers Versailles, où l'une des ailes de la grande écurie est en cours de réhabilitation pour accueillir de nouveaux espaces de formation et de promotion des métiers de l'artisanat. Une extension du Campus Versailles signée Philippe Prost. L'occasion de finir ainsi avec une pensée pour le regretté chef d'orchestre Jean-Claude Malgloire qui, à la tête de l'ensemble La Grande Écurie et la Chambre du Roy, a contribué à refaire résonner sur instruments anciens la musique baroque, en ces murs du Château de Versailles. Écouter de la bonne musique, cela n'a pas de prix.
Argent trop cher, Téléphone
Pompeii, Bastille
Up&Up, Coldplay
Water of love, Dire Straits
The Air Conditioner Song, Boby Bare
Puisque tu pars, Jean-Jacques Goldman
Oh ! j'cours tout seul, William Sheller
L'Arlésienne, Bizet
The harder they come, Jimmy Cliff
Oh Que será, Willie Colón
Bidonville, Claude Nougaro
Le poseur de rail, René Louis Lafforgue
Prologue : ouverture, Alceste, J.B. Lully, orchestre de La grande écurie et la Chambre du Roy, dirigé par Jean-Claude Malgoire
Bonne écoute !
Pauline Polgar
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