Le ministère de la Culture "n'envisage pas de procédure de classement" au titre des monuments historiques, comme le réclamaient l'association Paris historique et l'université Paris I, qui s'inquiètent, depuis un an, de la disparition de nefs métalliques du XIXe siècle de la Poste du Louvre actuellement en chantier. L'expert a, en effet, jugé que les modifications envisagées par le projet de l'architecte Dominique Perrault sont "équilibrées et acceptables". Réactions.

Les importants travaux de réhabilitation de la Poste du Louvre dans le 1er arrondissement à Paris, réalisés depuis septembre dernier par Dominique Perrault suscitent de nouveau la controverse. L'association Paris Historique qui s'inquiétait de son projet de rénovation vient de perdre la partie. En effet, le ministère de la Culture "n'envisage pas de procédure de classement" au titre des monuments historiques pour ce bâtiment parisien promis à une vaste restructuration, a-t-il signalé, mercredi 19 mars.

 

L'expert, architecte des bâtiments de France (ABF), a jugé que les modifications envisagées par le projet de l'architecte Dominique Perrault sont "équilibrées et acceptables". En outre, les structures métalliques, dessinées et conçues dans l'esprit de Baltard, seront partiellement conservées et restaurées, estime-t-il.

 

Cette décision fait suite à une action de l'association Paris historique, ayant demandé en janvier 2013 au ministère de procéder au classement, en urgence et dans sa totalité, du bâtiment, au titre des monuments historiques.

 

Le "navire amiral s'étalant sur 35.000 m²"
L'un des bâtiments emblématiques de la capitale, considéré comme le "navire amiral" de La Poste, s'étalant sur 35.000 m² a fait parler de lui. Et plus particulièrement, "L'Usine postale". (Ndlr: l'édifice est constitué de deux parties : l'"Hôtel des Postes" -bureau de poste et services administratifs- et l'"Usine postale.)

 

"C'est cette dernière qui apparaît comme la plus menacée par le projet Perrault", nous signalent l'association Paris historique et l'université Paris I. Elles s'inquiètent, en effet, de la disparition des nefs métalliques datant du XIXe siècle, voulue dans le programme de rénovation de Dominique Perrault. "C'est, en fait, lors d'une visite d'expertise du site, le 18 janvier 2013, que le projet de reconversion confié à l'architecte de renom, nous a interpellé", nous avait confié Jean-François Cabestan, historien de l'architecture à l'université Paris I et membre de la Commission du Vieux-Paris.

 

"Fin de non-recevoir du ministère de la Culture"
Au final, l'association Paris historique déplore dans un communiqué "la fin de non-recevoir du ministère de la Culture" sur la procédure de classement. Et d'ajouter : "Après l'affaire de la halle de Fontainebleau et l'autorisation définitive donnée pour détruire l'escalier de Pascal à la BNF Richelieu, nous sommes désormais convaincus de l'incurie de ce ministère." L'association Paris Historique a désormais deux mois pour exercer un recours contre la notification de la décision de l'expert de l'ABF auprès du préfet de Région. A suivre.

 

 

Où en est le projet de reconversion ?
Quant au projet des équipes de Dominique Perrault Architecture sélectionné le 3 juillet 2012, il avance à grand pas. Objectif : faire sortir en principe, en 2017 un bâtiment, "plus moderne, plus fonctionnel mais également respectueux de son patrimoine". Le grand hall public, avec un bureau de poste ouvert 24 heures sur 24, sera, en effet, restauré. Mais le reste du bâtiment, conçu de façon ingénieuse par Julien Guadet notamment pour accueillir les salles de tri superposées, sera profondément restructuré.

 

L'idée est ambitieuse en voulant y créer un hôtel haut de gamme, mais aussi d'y accueillir une crèche municipale, un commissariat de police et des logements sociaux, en lien avec la Ville de Paris.

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