ENTRETIEN. Le constructeur de maisons individuelles Trecobat a réussi à maintenir, pendant toute la durée du confinement, ses chantiers. Alban Boyé, directeur général du groupe, explique pourquoi et comment à Batiactu.


Batiactu : Avez-vous dû arrêter vos chantiers pendant le confinement ?

 

Alban Boyé : Nous n'avons jamais véritablement arrêté. Ce qui nous nous a bloqués, au début du confinement, c'est la fermeture des négoces. Nous avons pu continuer sur les chantiers où nous avions les matériaux. Par exemple, il faut savoir qu'en Bretagne, où nous avons une grande partie de nos chantiers, on sortait de six mois d'un temps épouvantable. Les enduits étaient donc en attente un peu partout. Comme nous avions les matériaux sur place, les enduiseurs ont pu facilement travailler, car il est facile dans leur cas de respecter les mesures sanitaires. Pour le reste, il a fallu batailler pour obtenir la réouverture des négoces. Au final, en avril, nous étions à 65% de notre activité habituelle.

Comment avez-vous obtenu la réouverture des négoces ?

A.B. : Notre force, c'est que nous maîtrisons toute la construction et que nous ne faisons pas appel à la sous-traitance pour la fourniture et la pose. Là où un artisan sous-traitant, seul, peut manquer de visibilité, Trecobat, qui achète tous ses matériaux, maîtrise ses besoins, son planning et son ordonnancement, peut donner au négociant toute la visibilité nécessaire sur plusieurs semaines. Dans le Finistère, nous avions 400 chantiers en cours, sur 1.000 en tout dans l'arc Atlantique. Donc en appelant les patrons de la distribution, j'ai pu insister, grâce à cette visibilité, pour qu'ils nous fournissent. Au début il y avait des délais d'une semaine entre la commande et la livraison, à cause d'une difficulté de trouver des chauffeurs. Maintenant c'est plus rapide.

L'activité de commercialisation a-t-elle été maintenue dans les mêmes proportions ?

A.B. : Oui, car nous sommes assez avancés dans la dématérialisation des processus. Du prospect à la relation client sur le chantier, nous fonctionnons avec des logiciels qui permettent de rencontrer les clients à distance, et jusqu'à la signature électronique, avec l'interface Nestor. Toute l'instruction du projet est dématérialisée. Tant que le terrain était identifié, il n'y a donc pas eu de problème. Nous étions, en avril, à 70% des ventes habituelles. Le bureau d'études a également pu continuer de travailler normalement en télétravail.
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