CONJONCTURE. Les chiffres de la Sécurité sociale sur les auto-entrepreneurs pour le 2e trimestre 2019 sont tombés : si leur activité progresse globalement, certains secteurs et certaines régions sont plus porteurs que d'autres. Dans le BTP, les immatriculations et le chiffre d'affaires trimestriel ont augmenté, mais un tiers des structures ne réalisent encore pas un chiffre d'affaires positif.

Ce 29 janvier 2020, l'Agence centrale des organismes de Sécurité sociale (l'Acoss, qui chapeaute les Urssaf) a rendu publiques les données relatives aux auto-entrepreneurs sur la période du 2e trimestre 2019. On apprend ainsi que le nombre de micro-entreprises inscrites auprès de l'Administration, tous secteurs d'activité confondus, a bondi de 16,5% à fin juin 2019, s'établissant à 1.565.000, soit une augmentation de 222.000 par rapport à la même période, un an plus tôt. Avec cette forte accélération, la dynamique observée depuis la fin de l'année 2017 se confirme donc. L'Acoss explique cette évolution par la hausse, elle aussi très élevée, du nombre d'immatriculations entre le 2e trimestre 2018 et le 2e trimestre 2019 : de l'ordre de 513.000, cela représente une envolée de 21,5%. Des résultats rendus possible grâce au doublement, le 1er janvier 2018, des plafonds de chiffre d'affaires ouvrant droit au dispositif. Les radiations enregistrent quant à elles une hausse de 8,6% sur un an, soit 291.000.

 

Globalement, 896.000 auto-entrepreneurs - ce qui représente 57,2% des inscrits - ont déclaré un chiffre d'affaires positif au 2e trimestre 2019, soit 13% de plus qu'à la même époque en 2018. En moyenne, le chiffre d'affaires trimestriel décolle de 23,3%, pour atteindre 4.325 €, en hausse de 9,1% sur 12 mois. Mais dans le détail, il s'avère que certains secteurs d'activité sont plus dynamique que d'autres, et que l'activité s'illustre davantage dans certaines régions.

 

Très bonne forme pour le secteur de la construction

 

Dans les données de l'Acoss, le secteur de la construction est divisé en deux sous-catégories : "BTP travaux de finition", et "BTP autres". Sur le segment "travaux de finition", l'Administration a recensé 19.100 immatriculations entre fin juin 2018 et fin juin 2019, ainsi que 12.300 radiations sur le même intervalle. Sont également comptabilisés les auto-entrepreneurs administrativement actifs et ceux économiquement actifs : les premiers sont ceux ayant été immatriculés avant ou pendant la période calculée, et n'ayant pas fait l'objet d'une radiation durant cette même période, qu'ils aient déclaré ou non un chiffre d'affaires positif ; les seconds sont ceux ayant indiqué un chiffre d'affaires positif sur la période étudiée. Dans les travaux de finition, l'Acoss a donc totalisé 84.300 auto-entrepreneurs administrativement actifs au 2e trimestre 2019, soit une augmentation de 8,8% sur un an. 63% d'entre eux ont également été considérés comme des auto-entrepreneurs économiquement actifs, ce qui représente 52.900 structures, soit une hausse de 8,7% sur 12 mois. Le chiffre d'affaires trimestriel global de ces entrepreneurs s'est élevé à 336 millions d'euros, soit un bond de 20,3%. Quant au chiffre d'affaires trimestriel moyen, il a été de 6.344 € au 2e trimestre 2019, en progression de 10,7%.

 

Le segment "BTP autres" affiche sensiblement les mêmes tendances, avec des indicateurs toutefois plus élevés : l'Acoss a totalisé 23.700 auto-entrepreneurs et 15.000 radiations de comptes sur ce segment à fin juin 2019. 94.600 structures ont été recensées comme administrativement actives à la fin du 2e trimestre 2019, un chiffre en progression de 10,1% sur un an. Les micro-entreprises économiquement actives se sont élevées à 57.800, en hausse de 9,3% sur 12 mois, et représentent au final 61% du total des structures. Tandis que le chiffre d'affaires trimestriel global des auto-entrepreneurs classés "BTP autres" a été de 391 millions d'euros à la mi-2019, leur chiffre d'affaires trimestriel moyen s'est établi à 6.755 € - soit des augmentations respectives de 21,3% et de 11% entre juin 2018 et juin 2019. On le voit, les auto-entrepreneurs se portent donc particulièrement bien dans le secteur du bâtiment et des travaux publics.

 


Quid des auto-entrepreneurs dans l'immobilier ?

 

Le segment des activités immobilières a présenté les indicateurs suivants arrêtés à fin juin 2019 :

 

- Nombre d'immatriculations sur les 12 derniers mois : 13.900
- Nombre de radiations sur les 12 derniers mois : 6.600
- Nombre d'auto-entrepreneurs administrativement actifs : 31.700 (+30% par rapport à juin 2018)
- Nombre d'auto-entrepreneurs économiquement actifs : 13.500 (+29,7%), soit 43% du total
- Chiffre d'affaires trimestriel global : 101 millions d'euros (+46,6%)
- Chiffre d'affaires trimestriel moyen : 7.421 € (+13%)

 


Toutes les régions enregistrent une hausse du nombre d'auto-entrepreneurs supérieure à 10%, hormis la Corse et le Centre-Val-de-Loire

 

Sur un plan géographique et tous secteurs d'activité confondus, l'Acoss affirme que l'ensemble des régions de l'Hexagone ont vu leur nombre d'auto-entrepreneurs augmenter de plus de 10% - la moyenne nationale étant de +13%, à l'exception de la Corse (+8,7%) et du Centre-Val-de-Loire (+9,2%). A l'inverse, le peloton de tête est occupé par l'Île-de-France (+17,1%), la Normandie (+14,3%), l'Auvergne-Rhône-Alpes (+13,6%), les Pays-de-la-Loire (+13,3%) et les Hauts-de-France (+12,9%). L'évolution annuelle du chiffre d'affaires se calque de manière assez logique sur les mêmes régions - la moyenne nationale étant de +23,3% : au 2e trimestre 2019, les augmentations les plus marquées ont été observées en Île-de-France (+30,7%), en Normandie (+24%), dans les Pays-de-la-Loire (+23,1%), dans les Hauts-de-France (+22,9%) et en Auvergne-Rhône-Alpes (+22,8%). Dans cette rubrique, le Centre-Val-de-Loire s'en tire mieux, avec +20,5%, mais la Corse reste à la traîne avec +15,9%. Les hausses les plus faibles ont été en revanche enregistrées dans le Grand Est ainsi qu'en Bourgogne-Franche-Comté, avec "seulement" +20,1% et +19,6%.

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