Chauffer son logement grâce à des médicaments, c'est possible ! Récoltés par l'association Cyclamed, les médicaments non utilisés font aujourd'hui l'objet d'une valorisation énergétique par incinération. En 2008, les 12.530 tonnes amassées auraient permis de chauffer ou d'éclairer 8.000 logements en France.

Rapporter ses médicaments non utilisés (M.N.U) et ses emballages, même vides, chez le pharmacien est devenu un réflexe pour les ¾ des Français. Mais qu'advient-il d'eux une fois déposés ? Sont-ils recyclés ? Redistribués à des organisations humanitaires ? Si tel a été longtemps le cas, les choses ont changé. Depuis le 1er janvier 2009, tous les M.N.U (périmés ou pas), notamment ceux collectés par le dispositif Cyclamed, doivent faire l'objet d'une valorisation énergétique. Mis en place en 1993 par les professionnels de l'industrie pharmaceutique, ce dernier procède désormais à l'incinération systématique de tous les médicaments non utilisés, y compris ceux non périmés. L'énergie produite lors de la combustion est ensuite récupérée sous forme de vapeur pour le chauffage de logements, et/ou sous forme d'électricité pour l'éclairage de logements.

 

La récupération énergétique en hausse
Mais retour à l'officine. Car avant d'être incinérés, les médicaments doivent d'abord faire l'objet d'un tri. Effectué par le pharmacien lui-même, il consiste à séparer les emballages vides des médicaments non utilisés, périmés ou non, encore dans leurs boîtes. Les premiers rejoignent une filière de recyclage tandis que les autres sont récupérés par les grossistes répartiteurs qui les déposent à leur agence dans une benne. Une fois pleine, cette dernière est livrée par un transporteur à l'un des 52 incinérateurs partenaires du réseau. «Ces incinérateurs couvrent tout le territoire national et sont tous conformes aux normes environnementales les plus strictes», précise-t-on chez Cyclamed. A l'usine d'incinération, les médicaments ont terminés leurs courses. Ils rejoignent alors les autres déchets ménagers pour être incinérés.

 

Au total, en 2008, la récupération énergétique, sous forme de chaleur ou d'électricité, par les pharmacies a concerné 12.311 tonnes de médicaments non utilisés (MNU) parmi les 12.530 collectées par les pharmacies. «Une reprise à la hausse après trois années de baisses successives», a commenté Cyclamed lors d'une conférence de presse le 29 avril dernier. D'après le pouvoir calorifique de chacun d'entre eux, il semblerait que la quantité incinérée ait permis de chauffer ou d'éclairer 8.000 logements (bureaux, logements collectifs ou maisons individuelles) en France en 2008. Les trois régions leaders en matière de collecte étant le Limousin, la Champagne-Ardenne et le Nord-Pas-de-Calais, il y a donc de fortes chances pour qu'elles aient plus largement bénéficié de cette énergie.

 

A noter que l'incinération n'est pas à la charge du contribuable, mais des laboratoires pharmaceutiques et des entreprises du médicament qui financent l'ensemble des coûts de l'opération.

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