Nouveau concept de construction, nouvelle façon d'appréhender l'habitat' L'architecte américain Nader Khalili travaille depuis une vingtaine d'années sur un projet de maisons entièrement fabriquées à base de sable. A qui sont destinés ces «Eco dômes» ? Pourquoi ce projet ? Les réponses du concepteur.

Un abri en sacs de sable réalisable par tous, en peu de temps, avec peu de moyens' Voilà ce que représente un Eco-dôme, une idée lancée par l'architecte d'origine iranienne Nader Khalili dans les années 80. Pour concrétiser son projet, il a décidé de fonder le Cal-Earth Institute, une sorte de village réunissant ces constructions, dans le désert de Mojave en Californie en 1991.

Il a donc développé ses théories avec le souci du devenir des sans-abri et le fait que toute personne «peut construire sa propre maison». Il s'est appuyé sur une technique baptisée «Superadobe» qui consiste à utiliser des matériaux simples que l'on trouve de partout : la terre ou du sable. Pour bâtir ses Eco-dômes, il suffit de remplir des sacs de matières sableuses que l'on va empiler les uns sur les autres de façon circulaire afin de former au sommet une coupole. Pour stabiliser le tout, des fils de fer barbelés sont disposés entre les assises. Toutes ces maisons biodégradables en forme de cocon peuvent atteindre 34 m2 et accueillir des familles entières. Ces habitations s'adaptent grâce à l'ajout de voûtes, d'arcs, de coupoles' une façon d'améliorer son chez soi et de l'agrandir.

Mais ce n'est pas tout puisque la technique «Superadobe» peut également permettre l'élaboration de silos, d'écoles, d'hôpitaux ou encore de digues, de routes, de ponts'

Des maisons pour les victimes de catastrophes naturelles

Le véritable atout de ces Eco-dômes est qu'ils résistent aux tremblements de terre, aux ouragans, aux inondations et isolent du froid, de la chaleur et du bruit. Et ce système a déjà prouvé son efficacité notamment en 1994, lorsque l'Iran a hébergé des milliers de réfugiés irakiens.

A noter qu'en 2004, les structures de Nader Khalili ont obtenu le prix Aga Khan, qui récompense les idées architecturales dans les sociétés musulmanes. Depuis, un village Cal-Earth s'est implanté à Islamabad au Pakistan pour aider à la reconstruction du pays après le tremblement de terre du 8 octobre 2005. Récemment, le Cal-Earth Institute a acheté un terrain en Espagne pour y construire le premier centre Cal-Earth Europe.



3 questions à Nader khalili, architecte et fondateur du Cal-Earth Institute



Batiactu : Comment vous est venue l'idée de construire des «Eco-dômes» ?Nader Khalili : J?ai toujours pensé qu'il n'y avait rien de mieux pour construire des maisons que la terre que l'on a sous les pieds. Mon projet remonte aux années 80 alors qu'un programme d'exploration de l'espace avait été annoncé par le gouvernement. En 1984, j?ai donc présenté au Symposium de la Nasa mes constructions. J?ai réfléchi à comment réaliser des maisons dans un environnement sans eau, sans air et sans huile, avec comme seule matière le sol de la lune. C'est vraiment à partir de là que j?ai eu envie de concrétiser l'aventure Cal-Earth.

Batiactu : Comment définiriez-vous vos constructions ?N.K : Je suis parti du principe que tout le monde peut construire sa maison. Les «Eco-dômes» ne demandent ni qualification particulière, ni de gros investissements financiers et suscite la collaboration de seulement 3 à 5 personnes. Sans oublier que le matériel utilisé est facile à trouver et écologique. Mais surtout ces constructions peuvent et doivent aider les personnes qui sont en situation d'urgence comme celles qui ont subi des guerres ou des désastres naturels.

Batiactu : Quels sont vos futurs projets ?N.K : Mes étudiants ont établi un village d'Eco-dômes au Pakistan. Nous avons également tenté des expériences au Brésil, Chili, Guatemala, Canada, l'Inde? Et puis j?aimerais montrer notre travail à Paris pourquoi pas au centre Georges Pompidou.


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