D'après une récente enquête de l'UFC Que Choisir, les dérives constatées dans de nombreuses agences immobilières en matière de location avant la loi ALUR persistent. Manque d'informations et non respect des plafonds réglementaires pour les frais d'agence, absence des étiquettes énergie... Les problèmes sont toujours aussi nombreux. Détails.

Les droits des locataires sont-ils mieux respectés par les agences immobilières ? Telle est la question qui, deux ans après l'adoption de la loi ALUR, a poussé l'UFC Que Choisir a mené l'enquête. Un état des lieux qui met à jour un tableau peu glorieux car il semble que de nombreux problèmes persistent.

Un manque criant d'informations à plusieurs niveaux

Pour commencer, alors que les questions énergétiques sont désormais indissociables de celles en rapport avec le logement, l'association révèle que 35 % des agences n'affichent toujours pas systématiquement l'information sur le diagnostic de performance énergétique (DPE). Un constat d'autant plus alarmant que le chiffre n'était que de 28% en 2011.

 

L'enquête fait également ressortir que d'une manière générale, les informations communiquées aux locataires sont toujours trop laconiques. "Dans 38% des cas, l'agence n'a pas donné d'informations détaillées sur le bien en location (photo de l'appartement, détails sur l'état de l'appartement)", indique-t-elle.

Les frais d'agence, toujours problématiques

Autre point noir persistant : le flou concernant les frais d'agence. L'UFC Que Choisir informe que 26% des agences n'affichent toujours aucune information sur les honoraires en vitrine. Une situation qui, là encore, s'aggrave puisqu'en 2011 seulement de 21% des agences ne respectaient pas cette obligation.
Toujours concernant le volet des frais d'agence, il semblerait que l'objectif de diviser par deux leur montant soit loin d'être atteint. Au lieu de baisser, les tarifs augmentent dans certaines zones, en particulier dans les zones non tendues : les frais sont ainsi passés de 7,1€ à 7,5€ du m2 (+5%). Et dans les zones tendues, on révèle des baisses allant de 10 à 20%, des pourcentages bien loin des 50% initialement prévus.

 

Pas d'amélioration non plus du côté du dépôt de garanties et ce, malgré, le décret de novembre 2015 listant strictement les pièces exigibles. L'UFC indique que 81% des agences enquêtées n'ont pas hésité à demander au moins un document interdit : RIB, livret de famille, carte grise, etc. Un chiffre qui, encore une fois dépasse celui de 2011 (62%).

 

Etant donné toutes ces dérives, l'association a décidé de "mettre en demeure de se conformer à leurs obligations légales et réglementaires, 392 agences enquêtées pour lesquelles des illégalités ont été constatées (soit 30% des agences visitées)". Par ailleurs, elle demande à l'administration d'intensifier les contrôles auprès des agences immobilières.

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