Des "insuffisances dans la gestion de l'Epadesa"
La Cour des comptes pointe des "insuffisances" dans la gestion de l'Epadesa (ex-Epad), l'aménageur de la Défense Seine-Arche, qui risquent de menacer le développement du quartier d'affaires de l'Ouest parisien. Selon la cour, si de "réels progrès ont été accomplis dans la gestion de l'établissement, plusieurs insuffisances subsistent" et "de nouvelles difficultés sont apparues" liées aux "relations conflictuelles" entre l'Epadesa et Defacto, un autre établissement public créé en 2007 pour assurer l'exploitation des équipements du "Manhattan parisien". Leur coexistence "dans les conditions actuelles" est "préjudiciable au développement du quartiers d'affaires", a estimé la Cour à l'issue de son contrôle portant sur la période 2006-2011.

 

Au sujet de son avenir, la Cour craint une "forte aggravation" de la saturation "déjà patente" des transports en commun (RER A et ligne 1 du métro notamment) qui le desservent et devront supporter, si les opérations immobilières se concrétisent, "40.000 nouveaux usagers" s'ajoutant aux 170.000 actuels.

 

Les monuments nationaux visés et le désensablement du Mont Saint-Michel mis en cause
La Cour des comptes souhaite aussi que le Centre des monuments nationaux (CMN) améliore sa gestion et recommande de réexaminer l'affectation d'une partie de la taxe sur les jeux en ligne à cet opérateur. Pour rappel, en 2010, suite à un contrôle sur le CMN, la Cour avait formulé une série de recommandations pour améliorer l'efficacité de cet établissement public qui gère près de 93 monuments nationaux (Arc de Triomphe, Panthéon, Mont Saint-Michel). Le CMN se dote d'un budget annuel de 130 millions d'euros, dont 60 millions de ressources propres venant pour l'essentiel des recettes de billetterie. La mise en œuvre de ces recommandations a "été lente et partielle", estime l'institution. Elle demande de "rendre pleinement effective la capacité de maîtrise d'ouvrage de l'établissement et de mettre fin à la sous-consommation de ses crédits d'entretien et de restauration".

 

Par ailleurs, parmi les travaux entrepris des monuments nationaux, le rétablissement du caractère maritime du Mont-Saint-Michel est cette fois mis en cause par la Cour des comptes qui trouve ce projet "mal conduit" et s'interroge même, sur sa pertinence. Elle relève, en effet, une "réalisation opérationnelle défaillante" de ces travaux gérés par un syndicat mixte qui regroupe les régions Basse-Normandie et Bretagne, le département de la Manche, les communes du Mont-Saint-Michel, Beauvoir et Pontorson.
Les Sages de la rue Cambon demandent donc notamment à l'Etat de revoir la gouvernance et la conduite opérationnelle du projet et de mieux effectuer le contrôle financier, et au syndicat mixte "d'élaborer un véritable plan d'amortissement" et de fiabiliser le suivi financier du projet.

 

La Cour critique également l'insistance avec laquelle l'Etat a contraint entre 2004 et 2009 la Monnaie de Paris à céder une parcelle de terrain à l'Institut de France qui voulait y construire l'auditorium "André-Bettencourt".

 


Découvrez la fin de l'article dédié au rapport annuel de la Cour des comptes en page 4.

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