JUSTICE. L'agence d'architectes a publié mardi 22 octobre en fin de journée un communiqué au vitriol, afin de répondre aux "contre-vérités et travestissements" contenus dans le communiqué de la Philharmonie de Paris diffusé la veille.

La bataille entre Ateliers Jean Nouvel (AJN) et la Philharmonie de Paris monte d'un cran. L'agence d'architectes a publié mardi 22 octobre en fin de journée un communiqué au vitriol, afin de répondre aux "contre-vérités et travestissements" contenus dans le communiqué de la Philharmonie de Paris diffusé la veille. Le texte de la Philharmonie constituait lui-même une réponse à la plainte déposée le 14 octobre contre l'établissement public auprès du parquet national financier par Jean Nouvel.

 

Cela fait deux ans que l'architecte et la salle de concert parisienne, qu'il a réalisée, s'affrontent devant la justice administrative, en raison du dérapage financier du projet, dont le coût est passé de 173 millions d'euros lors de son lancement en 2006 à 386 millions lors de son inauguration en 2015. Chacune des deux parties se renvoyant la balle sur la responsabilité de cette inflation de la facture.
La bataille avait pris un nouveau tour le 21 avril 2017, lorsque la Philharmonie avait demandé 170,6 millions d'euros à Jean Nouvel, dont 110 millions de pénalités de retard. Cette demande, confirmée par "titre exécutoire" le 8 septembre 2017, a conduit le père du Quai Branly et du Louvre Abou Dhabi à contre-attaquer au pénal. La Philharmonie de Paris dénonce de son côté des "accusations (…) dépourvues de tout fondement."

 

AJN dénonce une sous-estimation "délibérée" du chantier par le maître d'ouvrage

 

Ce à quoi AJN rétorque dans son communiqué du 22 octobre que l'établissement public est "seul à l'origine de l'ensemble des contentieux et non l'inverse." L'agence en veut notamment pour preuve que c'est la Philharmonie qui "a établi le décompte général chiffrant une prétendue créance exorbitante de 170 millions d'euros", et que c'est elle, encore, qui a ensuite émis un titre exécutoire "sans attendre les conclusions de l'expertise judiciaire qu'elle avait pourtant demandée." A l'opposé, AJN affirme avoir "toujours proposé une solution amiable dès 2014" mais s'est heurté "à des refus systématiques."

 

AJN estime également que ce ne sont pas ses demandes techniques qui ont provoqué un renchérissement du budget initial mais bien "la sous-estimation délibérée du maître d'ouvrage et sa mauvaise foi dans la gestion du chantier." L'établissement public "a fixé les ambitions du projet, les a imposées à l'architecte et ce, même lorsque ce dernier l'a informée du fait que l'enveloppe financière était insuffisante", insiste l'agence d'architectes. AJN attend donc de l'ouverture d'une enquête préliminaire que "toute la lumière soit faite sur les conditions dans lesquelles la demande de 170 millions d'euros a été arbitrairement formulée."

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