Vendredi 16 janvier, la filiale du groupe Saint-Gobain a inauguré dans la région de Moscou sa première usine en Russie, pour produire les matériaux isolants dont le marché est ici en très forte croissance.

Au bord de la ville d'Egorevsk, à cent kilomètres au sud-est de Moscou, le bâtiment habillé de neuf se tient au milieu des restes d'un ancien combinat de matériaux pour construction.
"Quand nous sommes arrivés, on remarquait avant tout la boue et de vieux bâtiments en béton", rappelle Peter Dachowski, directeur de Saint-Gobain Isover (SGI), la branche isolation du groupe.

L'usine, achetée en octobre 2002, a démarré sa première ligne de production en octobre dernier avec 118 employés, après un investissement de 35 millions d'euros.
"L'ancienne usine ne fonctionnait plus au moment du rachat, elle était en faillite", explique Dmitri Selkine, assistant du chef de l'administration locale. Avec un taux de chômage inférieur à 2% dans la région, l'usine de SGI fait surtout la différence sur les salaires.

Un opérateur de palettes peut compter chez SGI sur une base salariale de quelque 9.000 roubles (300 dollars), alors que celui des usines russes avoisinantes, spécialisées dans le textile et la construction mécanique, est plus proche de 6.000 roubles, selon Pavel Kristianinov, chef de la logistique.

Dans la "partie chaude" de l'usine, où le verre fondu à blanc est mélangé à des produits chimiques pour obtenir la laine de verre, les opérateurs touchent en moyenne 12.000 roubles (400 dollars), "un salaire moscovite", relève le chef d'équipe Anatoly Tepliakov, très fier que ses hommes "aient tous une éducation supérieure".

Formés pendant six mois en Finlande, ses deux subordonnés surveillent sur des écrans informatiques, depuis leur salle vitrée, toute la production, entièrement automatisée.
SGI, établie depuis dix ans en Russie, y détient 15% du marché des produits d'isolation thermique (laine de roche et de verre) pour le bâtiment, dont 40% pour les isolants à base de laine de verre. Sur ce dernier marché, son seul véritable concurrent, avec une part égale, est URSA, filiale du groupe espagnol Uralita.

Avec une capacité de production annuelle de 1,5 million de m3 d'isolants, l'usine d'Egorevsk va largement contribuer aux ventes de SGI en Russie, qui se sont établies à 2 millions de m3 en 2003, la différence provenant de ses usines en Finlande, Pologne et Suède.
"La Russie est une cible très importante pour nous, au deuxième rang derrière les Etats-Unis", selon M. Dachowski, qui a précisé qu'une deuxième ligne de production, avec une capacité deux fois supérieure à celle de la
première, devrait voir le jour d'ici 2005.SGI s'est fixé pour objectif de prendre d'ici cinq ans 25% du marché des matériaux isolants en Russie, qui devrait connaître une croissance annuelle de 15%.

Un boom nourri par celui de la construction, particulièrement remarquable à Moscou et dans sa région, mais aussi dans de gros centres urbains comme Saint-Pétersbourg (nord-ouest) ou encore Ekaterinbourg (Oural).
"L'ouverture de cette usine ouvre une opportunité pour aller vers l'ouverture d'usines pour d'autres branches du groupe", a déclaré le directeur général de Saint-Gobain pour la Russie, Daniel Méroc, dans une conférence de presse sur place.

L'exemple d'Egorevsk "procure la confiance nécessaire au lancement d'autres projets, dont certains pourraient démarrer cette année", y compris dans d'autres régions de Russie, a ajouté le responsable.
A l'échelle mondiale, la branche isolation du groupe a représenté un chiffre d'affaires de 3,32 milliards d'euros en 2002, soit un peu plus de 10% du CA total qui a atteint 30,27 milliards d'euros pour cette même année.

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