"En vertu du contrat de travail le liant à son salarié, l'employeur est tenu envers celui-ci à une obligation de sécurité de résultat, notamment en ce qui concerne les maladies professionnelles contractées par le salarié du fait des produits fabriqués ou utilisés par l'entreprise", a déclaré la Cour dans 29 arrêts rendus jeudi.

En effet, celle-ci a confirmé 29 des 30 arrêts des cours d'appel de Bordeaux, Douai et Caen qui avaient condamné plusieurs entreprises - notamment Eternit et Everite - pour avoir exposé leurs employés aux risques de l'amiante.

Cette décision précise et renforce une jurisprudence vieille de soixante ans. Elle pourrait contraindre les sociétés à revoir totalement la prévention des maladies professionnelles.

La décision pourrait aussi provoquer une montée des contentieux puisque des milliers de personnes qui ont contracté des maladies broncho-pulmonaires très souvent mortelles ont désormais une base légale plus large pour demander des réparations financières aux tribunaux.

De plus, la Cour a étendu le droit d'agir aux héritiers de victimes décédées, estimant que ''la cour d'appel a décidé de bon droit que les ayants droit de la victime d'une maladie professionnelle due à la faute inexcusable de l'employeur et décédé des suites de cette maladie étaient recevables à exercer, outre l'action en réparation du préjudice moral qu'il subissent personnellement du fait de ce décès, l'action en réparation du préjudice moral personnel de la victime résultant de sa maladie''.

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