Ségolène Royal accélère sur le sujet des fermes commerciales dans l'hydrolien. En effet, en visite à Brest ce vendredi, elle a annoncé le lancement des appels d'offres à ce sujet, confortant ainsi l'engagement de DCNS qui vient d'obtenir le feu vert pour le permis de construire d'un futur atelier d'assemblage à Cherbourg.

En obtenant l'accord, le 12 mai dernier, pour le permis de construire d'un projet d'usine d'assemblage d'hydroliennes à Cherbourg (Manche), le groupe DCNS y mettait deux conditions à sa réussite : que le gouvernement lance, d'ici à la fin de l'année, un appel d'offres pour des fermes hydroliennes commerciales et qu'il donne des indications sur les tarifs de cette future électricité. « Sinon, ce serait très risqué », a commenté le Pdg De DCNS au micro de l'AFP.

 

Un vœu exaucé dès le lendemain, puisqu'en visite à Brest, vendredi 13 mai, pour l'inauguration de la seconde hydrolienne du parc pilote d'EDF de Paimpol-Bréhat (22), la ministre de l'Environnement a officiellement annoncé le lancement de ces appels d'offres. « J'avance les calendriers pour les énergies marines renouvelables dans l'hydrolien et l'éolien flottant et j'engage la procédure aujourd'hui », a indiqué Ségolène Royal. Des annonces attendues avec impatience dans la filière…

 

Ainsi, d'ici à 2023, ce sont 6.000 MW de projets qui seront attribués, en plus des 3.000 MW déjà en fonctionnement. Du côté de l'éolien flottant, la ministre indique qu'elle annoncera les résultats de l'appel à manifestation d'intérêt PIA pour la réalisation de fermes pilotes éolien flottant en juillet 2016.

 

Besoin de vastes projets commerciaux

 

A ce jour, une seule hydrolienne produit de l'électricité en France : celle immergée à titre expérimental au large d'Ouessant (Finistère) en juin 2015 par l'entreprise bretonne Sabella. Quant à DCNS, il en a construit 4 : deux qui seront immergées en juin prochain au Canada, une troisième déjà immergée au large de Paimpol et une quatrième qui le sera bientôt également au large de Paimpol. Cependant aucune de ces machines ne produit encore de l'énergie.

 

L'usine de Cherbourg, pour lequel le PC vient d'être obtenu, devrait être opérationnelle en 2018, a indiqué DCNS. Elle sera construite sur un terrain de 25 ha appartenant à Ports normands associés (PNA) et pourra employer directement une centaine de personnes lorsqu'elle aura une capacité de 25 à 30 hydroliennes par an. Dans un premier temps, l'atelier assurera l'assemblage des turbines, et par la suite, celui des turbines des fermes pré-commerciales européennes. Mais pour rentabiliser l'usine, DCNS a besoin de concrétiser des projets d'envergure commerciale, qui, pour l'instant, en a deux, de 150 hydroliennes chacun : l'un dans le raz Blanchard, l'autre au large des côtes de l'île anglo-normande d'Aurigny.

 

Grâce à cet appel d'offres, les premières fermes commerciales devraient voir le jour à l'horizon 2020-2021, en France, a précisé DCNS.

 


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