INNOVATION. Les postes à souder peuvent désormais se passer de bouteilles de gaz et fonctionner grâce à quelques décilitres d'eau déminéralisée. La solution Bulane Dyomix, développée pour les ateliers, s'est miniaturisée et se trouve désormais disponible pour les artisans. Explications avec Florian Scocard, chef de produit, rencontré sur le salon BePositive 2019.

Depuis 2013, la société Bulane propose des postes à souder très particuliers qui se passent de bouteilles de gaz et reposent sur un principe élégant : celui de l'électrolyse de l'eau. Grâce à un courant électrique de forte intensité, les molécules de H2O sont fractionnées en hydrogène et oxygène, à la demande, permettant ainsi d'alimenter en continu une flamme propre. "Le défi était de réduire la technologie de l'électrolyseur pour la rendre portable et s'adresser au marché des artisans sur les chantiers", nous explique Florian Scocard, chef de produit pour la solution Dyomix. D'où le développement d'un poste à souder de 35 kg environ, et d'une puissance de 2 kW pour des applications de chauffagiste, frigoriste et gazier, "des professionnels qui utilisent la flamme au quotidien", nous précise-t-il.

 

L'avantage saute aux yeux : la machine se transporte sans bouteilles d'acétylène ou de propane et ne nécessite qu'un bidon d'eau déminéralisée. Alors que les encombrantes réserves de gaz ne donnent que 5 heures d'autonomie, la réserve d'eau permet 20 heures de soudure. "La sécurité est totale puisqu'il n'y a pas de stockage de gaz. L'hydrogène et l'oxygène sont générés à la demande et la machine est à 0 bar au repos". Autre point fort : les conditions de travail sont améliorées pour les opérateurs puisque le chalumeau lui-même est plus léger et ne présente qu'un seul flexible tournant. "Il est plus ergonomique et limite les TMS", souligne le commercial.

 

Moins de risques sur les chantiers

 

Disponible commercialement depuis un an environ, et distribué par Castolin, le Dyomix aurait déjà été écoulé à 400 exemplaires environ. "Les retours d'utilisateurs sont bons", fait valoir Florian Scocard. "La technologie est maîtrisée. Elle autorise des soudures jusqu'à des diamètres de 62, sans mode boost à 2,4 kW. Donc toutes les applications de tubes à 1 pouce sont bien indiquées", note-t-il. Si la machine est un peu chère à l'achat (environ 4.000 €), des solutions alternatives existent, dont un service de location de 24 ou 48 mois, à 100 €/mois. "C'est moins cher qu'un seul jeu de bouteilles de gaz", fait remarquer le commercial. L'offre serait particulièrement pertinente en zone urbaine dense, comme nous l'explique le responsable : "En rénovation, pour braser les tuyaux de cuivre, très présents à Paris ou dans les grandes villes, comme les dépôts de gaz ont été sortis des centre-ville, l'artisan ne perd plus de temps pour aller chercher des bouteilles. Un peu d'eau déminéralisée suffit". D'autant que le transport même des bouteilles d'acétylène (solubilisé dans l'acétone) les rend dangereuses et qu'il est nécessaire d'attendre avant de les utiliser.

 

Bulane précise aujourd'hui travailler sur un modèle intermédiaire, muni d'un gros bidon de 5 litres d'eau déminéralisée et accusant un poids de 50 kg sur la balance, pour d'avantage d'autonomie et de puissance, à destination spécifique des frigoristes qui réalisent de grosses installations. Côté concurrence, la société française ne semble pas craindre grand monde. Elle annonce réaliser 20 % de son activité à l'export, principalement sur la gamme atelier, plus lourde.

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