Sur les 486.000 défaillances étudiées sur une durée de 10 ans par le cabinet Deloitte Finance et la société Altares, 99.800 concerne le bâtiment, soit une faillite sur 5. «Ce secteur draine beaucoup de créations d’entreprises, ce qui entraîne forcément beaucoup de risques», explique Thierry Millon, responsable des Etudes chez Altares.

Sur l’ensemble des défaillances analysées, 312.000 ont fait l’objet de liquidations directes. Le taux de redressements judiciaires a atteint son niveau le plus faible depuis 10 ans avec 34,1% des procédures contre 36% en moyenne, au cours des années précédentes. Dans le bâtiment, on recense un pourcentage de 39% : «Ce chiffre un peu plus élevé traduit plus d’opportunités de survie».

La faillite concerne surtout les petites structures
Toutefois, alors que 64% des sociétés sont en liquidation directe, le pourcentage pour le bâtiment affiche 61% : «ce sont les petites structures qui sont les plus touchées car elles travaillent sur plusieurs chantiers à la fois, gèrent plusieurs choses à la fois et ne voient pas forcément arriver les difficultés suffisamment tôt pour régler les problèmes en amont», indique Thierry Millon. D’autre part, 26,5% des entreprises du bâtiment obtiennent un plan de continuation, c'est-à-dire un plan de remboursement échelonné sur plusieurs années et seulement 3,5% décroche un plan de cession alors que la moyenne pour l’ensemble des entreprises est de 8,35% : «ce phénomène s’explique par le fait que les petites entreprises du bâtiment n’ont souvent rien à céder, qu’elles ont souvent d’importants problèmes financiers, qu’elles possèdent un dirigeant titanique. De ce fait, elles ont très peu de chance de s’en sortir», indique Thierry Millon.

88% des entreprises du bâtiment liquidées
Au total, sur 100 faillites du bâtiment, 88,3% sont liquidées soit tout de suite, soit après redressement judiciaire. Concernant la loi de sauvegarde, qui a pour objectif de mettre en place un plan pour traiter les difficultés d’une entreprise afin qu’elle continue son activité, seules 34 entreprises du bâtiment en ont profitées sur les 9 premiers mois de 2007. Sur l’ensemble des activités, on en recense 370. «Les professionnels du bâtiment des petites sociétés voient souvent arriver leurs difficultés trop tardivement. Ils ne peuvent donc pas avoir recours à la loi de sauvegarde. En effet, ils sont bien souvent de meilleurs techniciens que gestionnaires», conclut Thierry Millon.

Céline Galoffre

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