DECRYPTAGE. L'éolien en mer est un "secteur qui peut faire de la place parisienne" un acteur de premier plan selon plusieurs professionnels. Si sa jeune histoire a été jalonnée de difficultés, de nombreuses mesures sont venues simplifier les procédures. Et ce n'est pas fini. Les perspectives pour la filière seraient même nombreuses.


Avec une façade maritime particulièrement étendue, et qu'elle détient le deuxième gisement de vent en Europe, "comment se fait-il que la France ne soit pas leader en matière d'éolien en mer" ? En lançant l'un des derniers débats de la dernière édition de Paris Infraweek, dématérialisée et allongée en raison de la crise sanitaire, Karim Zine Eddine, directeur des études de Paris Europlace, a posé une question à laquelle beaucoup ont pensé au cours des dernières années. Car alors que les premiers appels d'offres en France ont été lancés en 2011, une seule éolienne offshore, Floatgen, est actuellement en service au large du Croisic. Pourtant, il en est persuadé, il s'agit d'un "secteur qui peut faire de la place parisienne" un acteur de premier plan.

 

Alors c'est vrai, tous les acteurs autour de la table en ont convenu, les difficultés jusque-là ont été nombreuses. "Les projets lancés en 2011 et 2013 se sont heurtés à un cadre juridique complexe qui a dérouté les acteurs du marché", analyse ainsi Jean-Luc Champy, avocat associé du cabinet White & case, spécialisé en droit public et droit de l'énergie.

 

Des nombreuses embûches sur le chemin

 

"L'octroi de l'ensemble des autorisations était compliqué, le cahier des charges difficile à appréhender, détaille-t-il. Il a fallu inventer de toute pièce un ensemble contractuel pour le développement de projets qui posaient des problématiques nouvelles, des questions de conflits d'usage jamais vues et des interrogations juridiques inédites."

 

Sans compter sur le fait que les appels d'offres étaient lancés "à des stades préliminaires d'études", que les débats publics étaient non pas conduits par l'Etat mais par les porteurs de projet, "ce qui a multiplié les contentieux", l'ensemble des recours ayant été entièrement purgés pour les premiers parcs (Saint-Nazaire, Saint-Brieuc, Fécamp) à partir de 2019. Les risques étaient donc élevés pour les acteurs qui s'engageaient.

 

Mais de vrais efforts de l'Etat

 

Cependant, Jean-Luc Champy tient à souligner le volontarisme de l'Etat pour améliorer la situation. "Les pouvoirs publics ont fait preuve d'une grande agilité qui montre leur envie de soutenir les projets. Depuis 2016, nous avons ainsi connu une frénésie de réformes qui a permis de limiter les risques". Et de faciliter le passage de la phase procédurale au développement industriel.
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