La justice turque a ouvert une série d'enquêtes sur des entrepreneurs du bâtiment dont les constructions se sont effondrées lors du derniers séisme dans l'est du pays.

"Ces enquêtes seront conclues le plus rapidement possible", a affirmé à l'agence Anatolie Ali Erbay, le procureur général de Bingol, la région la plus touchée par le séisme de jeudi qui a fait 176 morts et 500 blessés, selon un nouveau bilan.

La justice turque a déjà lancé un mandat d'arrêt à l'encontre du constructeur d'un pensionnat d'une école publique à Celtiksuyu qui s'est totalement effondrée, tuant 84 élèves et un professeur. L'école et le pensionnat avaient été édifiés en 1998 par la compagnie Boskus Insaat, exclue de contrats publics pour un an en 2002 pour avoir facturé des sommes excessives. Cette exclusion devait prendre fin d'ici une semaine.

Une chose est sûre, ce séisme a relancé une polémique en Turquie sur le non-respect des normes de construction et la corruption qui touche notamment ce secteur. Les bâtiments publics sont souvent les premiers à s'effondrer lors de séismes en raison de nombreux abus dans l'attribution et la réalisation de ces contrats.

Le ministre de l'Education Huseyin Celik a demandé à tous les gouverneurs provinciaux de contrôler dans quelle mesure leurs bâtiments scolaires sont à même de résister aux tremblements de terre. "Au vue de ces résultats, tous les bâtiments scolaires seront renforcés contre les séismes, en commençant par les pensionnats dans les régions à risque", a affirmé M. Celik à la presse.

Selon un bilan préliminaire rapporté par Anatolie, le séisme a totalement rasé 305 bâtiments et en a endommagé quelque 5.000 dans la province de Bingol, une région pauvre à majorité kurde.

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