LOGEMENT. "Une petite musique commence à monter, selon laquelle l'ensemble du produit PTZ (prêt à taux zéro) serait menacé", s'est inquiété Loïc Chapeaux, directeur des affaires économiques de LCA-FFB, lors d'un colloque mercredi 16 octobre. Batiactu avait révélé la veille l'existence d'un rapport gouvernemental préconisant d'étendre la suppression du PTZ aux zones tendues A et Abis.

Des nuages s'amoncellent dans le ciel dégagé de la construction individuelle en France. "La situation actuelle est bonne", a souligné Loïc Chapeaux, directeur des affaires économiques de la FFB, lors de la troisième Journée Promoteurs organisée par Les constructeurs, promoteurs et aménageurs de la Fédération française du bâtiment, mercredi 16 octobre. En témoigne la progression de 4% environ des ventes de maisons individuelles en secteur diffus (hors lotissements), sur les neuf premiers mois de l'année, par rapport à la même période de 2018. Mieux, les intentions des ménages en matière d'achat de logement dans les deux prochaines années "sont très bien orientées", indique Loïc Chapeaux.

 

Des évolutions à mettre sur le compte de conditions de crédit toujours très favorables. Le taux de crédit immobilier moyen se limitait à 1,13% au 11 octobre, contre 1,18% en septembre, selon l'Observatoire Crédit Logement/CSA publié le 15 octobre. Et, même si la durée moyenne d'emprunt n'augmente plus depuis le début de l'année, elle s'élevait encore à 229 mois au troisième trimestre. Surtout, le taux d'apport personnel moyen demeure au niveau très bas de 14% dans le neuf.

 

"L'ensemble du produit PTZ serait menacé"

 

Autant d'éléments qui font que "les établissements de crédit ont compensé le rabotage du PTZ (prêt à taux zéro) en zones B2 et C", estime Loïc Chapeaux. Pour rappel, le montant du PTZ dans le neuf avait été divisé par deux dans ces zones dites détendues en 2018. Le hic, c'est que le projet de loi de Finances pour 2020 prévoit de supprimer le PTZ neuf des zones B2 et C, à partir du 1er janvier 2020. De plus, "une petite musique commence à monter, selon laquelle l'ensemble du produit PTZ serait menacé", s'inquiète Loïc Chapeaux. De fait, selon une information publiée par Batiactu le 15 octobre, le Conseil général de l'environnement et du développement durable et l'Inspection générale des finances devraient remettre à la fin du mois au Premier ministre un rapport préconisant notamment d'étendre la suppression du PTZ neuf aux zones tendues A et Abis. Le PTZ neuf a été maintenu dans ces zones tendues jusqu'au 31 décembre 2021 mais "le gouvernement prépare la suite", estime un professionnel du secteur.

 

Inquiétudes autour du Pinel

 

"La baisse des taux d'intérêt rend le PTZ moins intéressant car elle oblige les banques à effectuer des lissages infernaux entre les PTZ assortis de différés de remboursement et les prêts classiques", admet Loïc Chapeaux. Mais "en cas de remontée des taux ou de durcissement des conditions de crédit, comme cela pourrait être le cas avec la future réglementation dite de Bâle 4, alors, le PTZ redeviendra intéressant !", nuance le directeur des affaires économiques de LCA-FFB.

 

Celui-ci pointe du doigt une autre "petite musique de fond défavorable", autour du Pinel cette fois-ci. Ce dispositif, qui offre une réduction d'impôt aux particuliers investissant dans le neuf à des fins locatives, a été prolongé jusqu'en 2021. "Nous commençons à travailler en faveur de sa prolongation après 2021, sur la base de l'expérimentation bretonne de zonage de projet pour l'éligibilité au dispositif Pinel", indique Loïc Chapeaux.

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