JUSTICE. Le 26 avril 2019, le tribunal administratif de Besançon (Doubs) a annulé une partie du Plan local d'urbanisme (PLU) de la commune de Poligny (Jura), compromettant ainsi la construction d'un Center Parcs sur une zone forestière de 90 hectares.

Ce vendredi 26 avril 2019, le tribunal administratif de Besançon a annulé une partie du PLU de la commune de Poligny, lequel devait permettre la construction d'un Center Parcs sur une zone forestière de 88,9 hectares, avec à la clé 400 cottages et un "espace aquatique tropical". D'après l'Agence France Presse, l'association locale "Le Pic Noir" avait formé un recours contre une délibération du 23 mars 2017 approuvant le PLU de cette agglomération de 4.000 habitants. A l'issue de la procédure judiciaire, le tribunal administratif a donc considéré que le périmètre ouvert à l'urbanisation "se situe dans un vaste ensemble naturel entièrement boisé de la forêt de Poligny, traversé par un corridor écologique répertorié dans le schéma régional de cohérence écologique de Franche-Comté". Et le jugement de préciser : "Le projet (…) sera la source d'une pression humaine et sonore, dont l'impact nécessaire sur la circulation de la faune et sur la protection des espèces répertoriées sur le site et sur leurs habitants, s'étendra largement au-delà de la seule surface" du projet.

 

"C'est le contexte actuel qui veut qu'on ne puisse plus rien faire. On ne peut plus rien développer"

 

Les réactions à cette décision judiciaire sont évidemment partagées. Dominique Bonnet, le maire de Poligny, a déclaré sur France 3 Bourgogne - Franche-Comté : "C'est le contexte actuel qui veut qu'on ne puisse plus rien faire. On ne peut plus rien développer. Je ne vais pas m'engager dans des clivages. S'il y a une pression qui n'est pas favorable, je m'inclinerai." A l'inverse, l'association Le Pic Noir s'est félicitée de ce rebondissement : "Ce projet n'est pas conforme aux enjeux climatiques et à la transition écologique", juge Véronique Ghislain, représentante de l'organisation, qui estime que l'annulation du PLU "prouve le bien-fondé de notre démarche". Le Pic Noir a été créée pour contester le projet de construction du centre de loisirs, porté par le groupe Pierre & Vacances. Les détracteurs mettent notamment en avant les problématiques d'approvisionnement en eau et d'assainissement, les accès routiers ainsi que le financement du futur complexe. Quant au promoteur, il n'a pas souhaité faire de commentaire à l'AFP.

 

D'autres projets de Center Parcs sont contestés ailleurs en France : celui de Roybon, en Isère, est enlisé depuis des années dans des procédures judiciaires ; la cour administrative d'appel de Lyon doit d'ailleurs réexaminer le dossier ce mardi 30 avril 2019. Au Rousset, en Saône-et-Loire, un autre village-vacances a fait l'objet d'un recours de la part de deux associations environnementales, mais la justice administrative l'a rejeté en juillet 2018. Marque du groupe de tourisme et d'immobilier Pierre & Vacances, Center Parcs totalise 24 domaines en Europe, dont 6 dans l'Hexagone.

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