INDUSTRIE. L'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) fait un point d'étape sur les dispositions prises par la filière atomique durant la pandémie de coronavirus en France : en fonction des sites d'exploitation, les conséquences peuvent être différentes, mais le travail d'instruction continue. L'organisation a toutefois prévenu EDF sur la situation des salariés prestataires amenés à fréquenter ses centrales.

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Ce 26 mars 2020, l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a fait un point d'étape sur les dispositions prises par la filière atomique durant la pandémie de coronavirus en France. Suivant la nature des sites d'exploitation, les conséquences peuvent être différentes : dans le cas des installations dont le fonctionnement ne s'avère pas indispensable à la vie du pays, et qui sont notamment exploitées par le Commissariat à l'énergie atomique (CEA), Orano (ex-Areva) ou l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), celles-ci ont été arrêtées et "sont maintenues en état sûr". La majorité des chantiers, particulièrement ceux de démantèlement, ont été pour leur part suspendus. Ceci dit, des opérations indispensables au bon fonctionnement des centres de production d'électricité nucléaire d'EDF ont été maintenues par Orano, à l'instar de l'évacuation des combustibles usés, ou encore du retraitement et de l'approvisionnement des usines de production en combustible neuf. "S'agissant des centrales nucléaires, EDF privilégie l'exploitation indispensable à la fourniture d'électricité et étudie actuellement les conditions de poursuite des activités de maintenance des réacteurs lors des arrêts pour rechargement", indique également l'ASN.

 

Les missions des salariés des entreprises prestataires d'EDF doivent être clarifiées

 

Malgré la situation inédite et complexe, l'organisation poursuit son travail, notamment d'instruction, en lien avec l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN). Seules certaines études spécifiques, comme celles requérant des moyens de calculs dédiés qui ne sont pas accessibles à distance, sont pour l'heure suspendues. Pour ce qui est du contrôle sur le terrain, l'ASN veille à supprimer tout contact physique direct qui n'est pas indispensable, tout en donnant la priorité aux installations en fonctionnement et en maintenant les activités de contrôle "de manière proportionnée aux enjeux". De fait, les équipes d'inspection ne se déplacent plus in situ, sauf en cas de force majeure. Les sites continuant à fonctionner sont donc contrôlés à distance et des audioconférences sont organisées entre l'ASN et les exploitants. S'agissant des sites à l'arrêt, l'organisation indique échanger "avec les exploitants concernés sur les modalités pratiques de maintenance et de mise en sécurité des installations ainsi que sur les conditions de leur futur redémarrage".

 

Il est un autre volet sur lequel l'inspection du travail de l'Autorité s'est organisée : compétente pour contrôler les centres de production d'électricité, elle se charge désormais de surveiller les conditions de travail des salariés d'EDF et de ceux des entreprises prestataires intervenant sur les sites de l'électricien national. Ce qui l'a amené à attirer l'attention du groupe sur les conditions dans lesquelles évoluent les employés prestataires : "Ainsi, dans la situation actuelle de pandémie Covid-19, l'ASN a été amenée à alerter EDF sur la situation de salariés d'entreprises prestataires, en lui demandant de définir clairement quelles sont les activités de maintenance ou de logistique pour lesquelles une continuité est indispensable afin qu'il n'y ait pas d'ambiguïté pour ces entreprises et leurs salariés, et de veiller à ce que les conditions de santé et sécurité soient communiquées et mises correctement en place sur les sites pour tous les salariés". Néanmoins, les inspecteurs du travail de l'Autorité ne se déplaceront sur les installations d'EDF qu'en cas d'urgence.

 

EDF "en mesure de gérer un Plan d'urgence interne en mode très dégradé"

 

D'une manière générale, les exploitants des sites atomiques et l'ASN échangent régulièrement, aussi bien au niveau national qu'au niveau local, sur l'évolution de la situation. Mais l'Autorité semble confiante dans un éventuel scénario négatif, ou "mode dégradé" : depuis la catastrophe japonaise de Fukushima, des améliorations de sûreté ont été mises en oeuvre par EDF, qui a modifié ses Plans d'urgence interne. Ainsi, ces évolutions ont pu être testées en situation réelle "lors d'exercices inopinés", et ces mises en situation "ont permis de vérifier qu'EDF était en mesure de gérer un Plan d'urgence interne en mode très dégradé, si une telle situation venait à se produire".

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