EXCLUSIF. Dans cette période de reprise d'activité post-Covid, les chefs d'entreprises du secteur de la construction se disent confiants et combatifs, d'après une étude réalisée par OpinionWay. Mais le contexte actuel provoque une montée de stress et une inquiétude grandissante sur la trésorerie des sociétés. Détails.

Les chefs d'entreprises de la construction ne comptent pas se laisser démonter par la crise du coronavirus. C'est ce qui ressort d'une enquête d'opinion réalisée par l'institut OpinionWay pour la Fondation MMA des entrepreneurs du futur, qui se base sur un panel de 191 dirigeants du secteur, toutes tailles de sociétés confondues (TPE/PME/ETI) et que Batiactu a pu se procurer en exclusivité. Si les conséquences économiques et sociales de la période de confinement se font bel et bien déjà sentir, les entrepreneurs du bâtiment et des travaux publics gardent espoir et sont prêts à se retrousser les manches : 47% d'entre eux envisagent d'écourter, d'annuler ou de reporter leurs congés initialement prévus pour cet été 2020.

 

La reprise des chantiers, la relance des chaînes d'approvisionnement et toute l'organisation logistique qu'elles impliquent nécessitent de fait une très grande disponibilité des chefs d'entreprises. Ceux-ci sont plus largement prêt à redoubler d'efforts pour accompagner cette reprise : 90% se disent combatifs, 77% affirment être investis et 76% se déclarent ouverts à toutes les opportunités professionnelles qui pourraient se présenter. De plus, 59% des dirigeants du secteur prévoient d'instaurer une nouvelle organisation du travail au sein de leurs structures.

 

De la volonté et une bonne forme physique mais un stress et un surmenage latents

 

L'étude s'est également penchée sur l'état de santé de ces patrons obligés de composer avec l'urgence économique de rattraper des chantiers et des surcoûts sanitaires à assumer : 81% d'entre eux se déclarent en bonne forme physique, mais le surmenage est malgré tout une réalité, dans la mesure où 45% se disent bien souvent stressés tandis que 63% avouent se sentir débordés. Il faut dire que le contexte économique pour le moins complexe et le manque de visibilité sur la fin de l'année n'aident pas : 40% des entrepreneurs du BTP se déclarent inquiets, et les sources d'angoisse sont nombreuses, les sondés étant 82% à citer la trésorerie de leur structure, 72% à citer leur carnet de commandes, 45% leur situation financière personnelle et 34% l'organisation de leur entreprise.

 

Des inquiétudes qui ne parviennent toutefois pas à dissiper le volontarisme des dirigeants. Ceux-ci affichent leur volonté de "ré-entreprendre" et sont 82% à se dire confiants pour leur vie personnelle, 78% pour leur situation professionnelle et 73% pour la situation financière de leur foyer. Une confiance que l'on retrouve aussi dans le domaine professionnel, avec 79% d'entre eux qui estiment que l'activité de leur entreprise tiendra le coup. Malgré tout, la crise du Covid-19 a fait apparaître quelques changements notables, notamment dans la sphère privée.

 

Priorité à la vie de famille et à l'activité physique

 

Alors que les entrepreneurs ont depuis toujours souffert d'un déséquilibre entre vie familiale et vie professionnelle, l'attention portée à leurs proches a été reconsidérée à l'aune du confinement. Ainsi, 63% des patrons interrogés considèrent que cette période particulière leur a permis de profiter davantage de leurs proches et 80% estiment être soutenus par leur famille dans ce contexte de reprise. Un rééquilibrage entre les deux sphères a donc fait son bout de chemin, puisque 93% veulent dorénavant profiter de leur famille tout au long de l'année. A noter : 91% indiquent également vouloir continuer à pratiquer une activité sportive pour se maintenir en forme. "Cette enquête nous montre que la combativité des entrepreneurs, leur aptitude à s'adapter, à résoudre des problèmes, à saisir des opportunités sont plutôt exacerbées par la crise, avec une capacité de résilience en augmentation", résume le directeur général de la Fondation MMA des entrepreneurs du futur, Patrick Miliotis.

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