ALERTE. L'inquiétude est forte chez les acteurs de l'isolation thermique, du fait des projets gouvernementaux en matière de politique de certificats d'économie d'énergie (CEE). Le ministère promet des éclaircissements rapides.


"Trouvez-vous normal que des sociétés qui emploient 10, 20, 100 employés, ne soient pas capables de savoir comment elles vont travailler dans trois mois ?" C'est le genre de signaux d'inquiétude que l'on a pu entendre, de la part d'entreprises d'isolation, et plus largement d'acteurs de la filière de la rénovation énergétique, lors d'un colloque organisé par Symbiote, le 13 octobre 2021, à Paris. Édouard Barthès, président et fondateur de l'organisation professionnelle réunissant divers acteurs de la chaîne de la rénovation énergétique, a pour sa part évoqué l'inquiétude "monstrueuse" de certains de ses adhérents. Comment en est-on arrivé là ? Plusieurs décisions de l'administration viennent l'expliquer. D'une part, la direction générale de l'énergie et du climat (DGEC), qui gère le dispositif des certificats d'économie d'énergie (CEE), a annoncé la révision des fiches d'opérations standardisées liées à l'isolation (c'est-à-dire hors coup de pouce). De premiers retours laissent craindre, sur certaines d'entre elles, des baisses de forfait pouvant aller jusqu'à -50%. Or, ces nouvelles fiches pourraient prendre effet très rapidement, avec une cinquième période des CEE qui débute en janvier 2022.

 

Des fiches isolation bientôt sabrées ?

 

Et ce n'est pas tout. A la suite de la suppression, annoncée depuis plusieurs mois, des offres coups de pouce "isolation à un euro", les professionnels s'inquiètent de ne plus disposer d'assez d'aides financières à proposer à leurs clients pour tenir le marché et assurer l'activité de leurs entreprises. Le seul coup de pouce intéressant qui restera à leur disposition est celui de la rénovation globale. Mais il y a un hic : ce dispositif deviendrait, d'après eux, réellement incitatif à la condition d'atteindre un bonus "énergies renouvelables", c'est-à-dire si 50% des énergies utilisées par le logement sont d'origine renouvelables. Or, assurent les professionnels, tel que rédigé dans la version actuelle des règles du coup de pouce, ce bonus est inatteignable. "Ce taux de 50% d'ENR disqualifie certains produits, dont certains intéressants comme les ballons thermodynamiques", assure ainsi l'un des adhérents Symbiote auprès d'Olivier David, chef du service du climat et de l'efficacité énergétique à la DGEC, présent au colloque pour répondre aux questions des professionnels. "Nous ne pouvons pas rester dans une zone grise, le temps presse." Si rien n'est fait, les professionnels pourraient en venir à entamer la cinquième période des CEE sans modèle d'affaire éprouvé, en devant s'appuyer sur des fiches isolations sabrées et/ou un coup de pouce trop peu intéressant pour leur permettre de maintenir la voilure.

 

A cela, Olivier David a apporté un certain nombre de réponses.
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