Les années se suivent et se ressemblent pour les travaux publics : selon les Canalisateurs de France, la baisse de l'activité en 2015 a même été encore plus forte qu'en 2014. Quelles perspectives pour 2016 et 2017 ? Réponse.

Les Canalisateurs de France ont tenu leur assemblée générale ce mercredi 23 novembre 2016 et dressé un bilan conjoncturel de leur activité. Ils résument : "Le secteur des canalisations en France [est] toujours en difficulté, malgré quelques signaux positifs qui permettent d'espérer en 2017 une stabilisation de l'activité".

 

Une lueur d'espoir dans un tableau bien noir : alors que le bilan de l'année 2014 était déjà mauvais (-6 %), celui de 2015 est encore pire. L'activité a effet encore fortement baissé avec -7,9 % pour les canalisations de gaz et fluides divers et même -8,4 % pour les réseaux d'eau et d'assainissement. L'organisation professionnelle, membre de la FNTP, note : "Plusieurs régions affichent des baisses d'activité de plus de 10 %, telles que la Normandie, le Centre, l'Auvergne-Rhône-Alpes, le Grand Est et l'Île-de-France". Cette chute de l'activité s'est traduite par une réduction du nombre de salariés dans le secteur. Les effectifs sont ainsi redescendus à 34.000 personnes (-5 %). Là encore, les Canalisateurs de France, apportent quelques précisions : "La catégorie des employés, techniciens et agents de maîtrise (ETAM) est la plus touchée, avec -10 %. Elle avait déjà subi une baisse de -7 % entre 2013 et 2014".

 

Une stabilisation espérée en 2016

 

Quant aux perspectives pour l'exercice en cours, elles ne sont pas encore à la reprise. Pour l'année 2016, l'organisation anticipe "une variation d'activité comprise entre -3 et 0 %". Elle fait valoir que, sur les trois premiers trimestres de l'année, la baisse du chiffre d'affaires s'établit à -1,5 %. Et le niveau des appels d'offres "canalisations" en marchés publics reste très bas. Les professionnels précisent : "L'optimisme résultant des deux premiers trimestres de l'année, stables par rapport aux six premiers mois de 2015, ne se confirme pas dans ce troisième trimestre. Si les indicateurs sont à un meilleur niveau qu'au trimestre précédent (solde d'opinions sur les effectifs, sur les prix et mois de carnets de commande), ils restent négatifs et/ou très bas". Les Canalisateurs pointent du doigt une concurrence accrue, un manque d'activité et une inquiétude grandissante : "L'attentisme est toujours de rigueur, face aux lois rétroactives, aux échéances électorales… De plus, les donneurs d'ordre mettent toujours plus de temps pour attribuer les marchés".

 

Ils estiment que le potentiel d'activité est pourtant bien là et que le renouvellement des réseaux, qui éviteront le gaspillage de ressources précieuses, pourrait largement fournir du travail aux entreprises. L'organisation souhaite donc mobiliser les collectivités par le biais de ses délégations régionales. Ils concluent : "Car les financements existent et ils sont disponibles".

 

Les canalisations en France :
1 million de km de réseau d'eau potable
370.000 km d'eaux usées et pluviales
185.000 km de canalisations de distribution de gaz
35.000 km de gazoducs de transport
300 milliards d'euros de patrimoine des réseaux (valeur estimée)
6 milliards d'euros de chiffre d'affaires

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