INSOLITE. La métropole bretonne encourage ses concitoyens à repeindre leurs pavillons avec des couleurs chatoyantes. Ils pourront même bénéficier d'une petite aide afin de rendre Brest aussi colorée que Burano. Ou presque.

La ville de Brest veut en finir avec son image grise et triste. Elle va désormais soutenir financièrement les propriétaires qui souhaitent repeindre leurs façades, à une seule condition : que les couleurs choisies soient criardes.

 

Le quotidien régional Le Télégramme précise les contours de cette offre généreuse. Elle sera, dans un premier temps, limitée à certains axes de circulation fréquentés ou à des zones remarquables. Plusieurs voies sont évoquées : boulevard Clémenceau, rue de Penfeld, route du Dellec, rue du Carpon, rue de Langevin et bas de la rue Lesven. Trop tard donc pour les rues qui ont déjà initié cette démarche bariolée, comme la rue Félix le Dantec (pionnière d'après le journal breton), ou les rues Victor Aubert, Chateaubriand et Loucheur et l'avenue Camille Desmoulins. Toutes avaient déjà opté pour des teintes vives ou pastel.

 

Rejoindre la ligue des villes multicolores

 

Les futurs projets de ravalement chatoyants pourront bénéficier d'une prime forfaitaire de 700 € par maison qui sera doublée dans le cas d'immeubles comportant au moins deux logements. Une surprime de 100 € sera ajoutée dans le cas d'une demande formulée par deux propriétaires de logements mitoyens, ceci afin d'encourager les réalisations d'opérations conjointes et mutualiser les poses d'échafaudages. La métropole souhaite que des projets collectifs soient montés de façon à ce que des îlots entiers se parent de multiples couleurs simultanément. Une limite toutefois : Le Télégramme signale que les zones comprises dans le secteur protégé de l'agglomération ne pourront pas opter pour toutes les teintes de l'arc en ciel et seront cantonnées à un nuancier spécifique.

 

De là à rêver que la cité bretonne va se mettre à ressembler à l'île de Burano en Italie, dans la lagune de Venise, il n'y a qu'un pas. Notons que cette initiative n'est pas la première du genre dans le monde. Le maire de Tirana, la capitale albanaise, lui-même artiste, avait lancé l'idée de repeindre les tristes façades de sa ville au début des années 2000, afin d'égayer un peu l'architecture communiste post-2e guerre mondiale. A San Francisco, les jolies maisons victoriennes qui se pressent à flanc de colline sont également réputées pour leurs coloris variés, tandis qu'en Indonésie, c'est le très populaire bidonville de Kampung Pelangi qui s'est paré de multiples couleurs afin de présenter un visage plus accueillant. Plus près de nous, existe une rue à Paris, qui présente des façades bariolées depuis la fin des années 1990 : il s'agit de la rue Crémieux (ci-dessous), non loin de la gare de Lyon. Une source d'inspiration pour Brest ?

 

Rue Crémieux (Paris)
Rue Crémieux (Paris) © P. Nouhailler

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