CONJONCTURE. Les ministres de l'Economie et des PME ont annoncé ce 19 octobre 2020 une nouvelle batterie de mesures visant à renforcer encore les fonds propres des entreprises, dans un contexte où le couvre-feu décrété dans plusieurs métropoles du pays pour tenter d'endiguer la reprise de l'épidémie de Covid-19 pénalise de nouveau l'activité.

A l'image des entreprises et de la société française, le ministère de l'Economie est obligé d'adapter son arsenal d'aides en fonction de l'évolution du contexte sanitaire. Dans la foulée de la mise en place d'un couvre-feu dans les principales métropoles françaises pour tenter d'endiguer la reprise de l'épidémie de coronavirus, Bercy a indiqué ce 19 octobre 2020 prendre de nouvelles dispositions pour soutenir les trésoreries des entreprises. Prévues dans le Plan de relance, ces mesures doivent non seulement permettre de consolider encore davantage les fonds propres des acteurs économiques, mais aussi de mobiliser l'épargne privée de nos compatriotes, qui a tendance à s'accumuler depuis le confinement du printemps dernier.

 

Bercy espère que les trésoreries des entreprises seront majoritairement reconstituées vers la fin 2022

 

Selon nos confrères de BFM Business, Bruno Le Maire, ministre de l'Economie, et Alain Griset, ministre chargé des PME, ont ainsi détaillé les volets de ce nouveau dispositif de soutien : tout d'abord, une enveloppe supplémentaire de 20 milliards d'euros sera débloquée pour renforcer les fonds propres des entreprises, par le biais des prêts participatifs, distribués par les établissements bancaires mais bénéficiant de la garantie de l'Etat. Le projet de loi de Finances 2021, actuellement en discussion au Parlement, va donc être amendé pour intégrer ce montant exact, l'objectif de Bercy étant que les trésoreries des entreprises soient majoritairement reconstituées vers la fin 2022.

 

D'après les spécialistes, si les fameux PGE - Prêts garantis par l'Etat - s'adressent aux sociétés rencontrant des difficultés financières, le système des prêts participatifs, pour sa part, est plutôt destiné aux entreprises qui ont connu un déficit d'exploitation sur l'exercice 2020 mais qui sont malgré tout susceptibles de rebondir. Toujours est-il que les entreprises devraient pouvoir bénéficier de ce nouveau dispositif à compter du premier trimestre 2021.

 

De plus, pour tenter d'orienter l'épargne privée des ménages français, que l'on estime à environ 87 milliards d'euros suite au confinement sanitaire, le Gouvernement a décidé de labelliser les organismes de placement collectif qui investissent dans les petites et moyennes entreprises tricolores. Via un label sobrement baptisé "Relance", Bercy espère ainsi "mobiliser 10 à 20 milliards d'euros" pour donner une bouffée d'air frais aux entreprises.

 

Des professionnels qui resteront vigilants sur le fléchage des financements

 

Dans un communiqué, la Confédération des PME s'est réjouie des annonces faites ce matin par le ministère de l'Economie, se disant "favorable au développement des prêts participatifs soutenus par l'Etat" et se félicitant "que les principaux partenaires financiers des entreprises aient pu se rassembler et s'entendre autour d'un accord de place" débouchant sur le label "Relance". L'organisation prévient cependant qu'elle restera "très vigilante" quand au fait que les financements en question bénéficient bel et bien aux petites structures, "dans le cadre de dispositifs qui doivent être simples et accessibles".

 

La confédération avance même des pistes plus précises, demandant que "le montant minimum des prêts consentis dans ce cadre [soit] en rapport avec les besoins des PME", que "les remboursements [s'étalent] sur une période de 10 ans", et que "le dispositif [n'exclut pas] les entreprises viables avant la crise", lesquelles ont pu subir entre-temps une dégradation de leurs notations financières.

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