EPIDEMIE. Même si le secteur du BTP et le gouvernement ont trouvé un accord pour reprendre en partie l'activité du secteur, après validation de protocoles qui doivent limiter la propagation du coronavirus, certains exécutifs locaux persistent et maintiendront la suspension de leurs chantiers jusqu'à la fin du confinement. C'est le choix qu'a fait Olivier Richefou, président du département de la Mayenne.

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Batiactu. Quand avez-vous pris la décision d'arrêter les chantiers dont le département assure la maîtrise d'ouvrage ?

 

Olivier Richefou : Dès le début du confinement, avant même qu'aient lieu les discussions qui ont tordu le bras aux organisations professionnelles du BTP. La priorité absolue est d'appliquer le confinement le plus strict pour éviter la propagation du virus. C'est ce que je demande à tous mes collaborateurs et au-delà, nous devons assurer la protection de tous les salariés et habitants.

Tous vos travaux sont-ils concernés ?

Si un chantier est indispensable à la vie quotidienne, si une route essentielle est coupée suite à un accident, s'il faut effectuer une opération urgente, nous devons pouvoir mobiliser et effectuer les travaux nécessaires. Les équipes routières du département, par exemple, restent évidemment chez elles, mais nous avons mis en place une astreinte en cas de besoin. Tout le reste en revanche peut attendre un mois, ce n'est pas grave.

Quels chantiers sont par exemple à l'arrêt ?

Les travaux de fibre optique prendront du retard. De même que la construction de l'Espace Mayenne - un nouvel équipement sportif et culturel, représentant un investissement de 40M€, NDLR -, qui devait être livré en janvier 2021. Il le sera sans doute en février, voire après les élections départementales, ce qui est dommage, mais ce n'est pas grave, ce n'est pas prioritaire. De même, nous aurions pu profiter du fait que les collèges soient vides pour y effectuer des travaux. Mais non, c'est hors de question, nous ne ferons pas prendre de risque inutile. La santé et la protection avant tout !

Envisagez-vous une reprise partielle de l'activité rapidement, compte tenu de l'accord entre l'État et les organisations professionnelles ?

Accord ou non, je ne changerai pas ma position et maintiendrai la fermeture des chantiers départementaux. Ils ne seront pas rouverts tant que le confinement n'aura pas pris fin.

 

Ces collectivités aussi ont fermé leur chantier

 

Partout en France, de nombreux exécutifs locaux ont décidé de suspendre leurs travaux en cours, à l'exception des interventions d'urgence et relevant de mesures de mise en sécurité. Le département de la Haute-Garonne en fait notamment partie. Pour son président, Georges Méric, il est "inconcevable de demander aux entreprises et donc aux employés du BTP de reprendre leur activité" dans le contexte sanitaire actuel.

 

Dans les métropoles, ces décisions ont conduit à l'arrêt provisoire de grands projets de mobilité : prolongement du tramway à Bordeaux, ligne 2 du métro de Rennes, ligne 3 du métro toulousain et le chantier du téléphérique, sont suspendus.

 

Les travaux menés par la mairie de Grenoble sont eux aussi stoppés. Tout comme les chantiers de la mairie de Paris, qui explique par ailleurs qu'elle ne délivre plus aucune nouvelle autorisation de travaux. A Lille, sur la dizaine de chantiers que mène la Ville, certains ont été arrêtés assez tôt, à la demande des entreprises. C'est le cas par exemple e travaux dans une station service du centre technique de la municipalité, ou de chantiers sur les églises. La Ville a ensuite, de son initiative, suspendu des travaux dans des groupes scolaires notamment dès le 17 mars.

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