Alors que la compagnie Air France vient de confirmer cette semaine la fermeture de la liaison aérienne Roissy Charles de Gaulle-Strasbourg-Entzheim, le développement et la renaissance de l'aéroport alsacien sont aujourd'hui menacés. La perte des 150.000 passagers par an avec Roissy devrait aussi avoir des répercussions directes sur la politique des collectivités locales. Les élus locaux réagissent.

Depuis l'annonce de la fermeture de la liaison aérienne Roissy Charles de Gaulle-Strasbourg-Entzheim, ce mardi 24 juillet, par la compagnie Air France, et de la mise en place d'une desserte ferroviaire en partenariat avec la SNCF, les réactions sont nombreuses. Ce transfert de la liaison aérienne Air France avec Roissy Charles-de-Gaulle (150.000 passagers par an) sur la ligne TGV n'est pas perçu à Strasbourg, par exemple, comme une entorse : « Avec une 4e liaison directe par jour et dans la perspective de la mise en service de la LGV-Est intégrale d'ici à 2014, l'effet sera réduit », admet-on à la Chambre de commerce et d'industrie (CCI) de Strasbourg, dont le président avoue comprendre les préoccupations de bonne gestion d'Air France.

 

Dans la capitale alsacienne, on rappelle aussi qu'Air France a déjà transféré sur rail ses liaisons Roissy-Bruxelles. Toutefois, l'annonce de cette fermeture de ligne intervient après une multitude d'événements indiquant la renaissance de l'aéroport de Strasbourg.

 

Image de l'aéroport entamée
Le sénateur-maire de Strasbourg, Roland Ries, et le président de la Communauté urbaine de Strasbourg (CUS), Jacques Bigot, ne partagent pas le même avis que la CCI de Strasbourg dans un communiqué : « Nous regrettons cette décision, motivée par des considérations exclusivement financières, qui ne tient pas compte des spécificités européennes de la Ville de Strasbourg. Les difficultés de notre aéroport depuis la mise en service du TGV Est ne pourront que s'aggraver dans le contexte des critiques récurrentes sur l'accessibilité aérienne de la métropole strasbourgeoise. »

 

Et d'enfoncer le clou : « Nous souhaitons par ailleurs que ce retrait d'Air France dans les dessertes offertes par Strasbourg-Entzheim ne vienne pas handicaper la nette remontée de l'activité de notre aéroport international, fruit des efforts combinés de l'Etat, de la Région, du Département et de la Communauté urbaine de Strasbourg, sous l'égide de son directeur.»

 

Cette nouvelle ne va donc pas renforcer pas l'image de l'aéroport, déjà sérieusement entamée ces dernières années. Et la perte des 150.000 passagers aériens par an avec Roissy aura des répercussions directes sur la politique des collectivités régionales, qui ont investi plus de 2 M € pour faire baisser les taxes aéroportuaires.

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