BOYCOTT. Norbert Fontanel et Samuel Minot, présidents des fédérations du BTP Rhône et Aura, annoncent refuser l'invitation du ministre de la Transition écologique à la Préfecture du Rhône, ce jeudi 22 février. Une décision en signe de protestation contre l'inaction du gouvernement pour la filière.

Ça gronde en région. Les présidents Norbert Fontanel (BTP Rhône et Métropole) et Samuel Minot (FFB Auvergne-Rhône-Alpes) ont choisi de montrer leur mécontentement en déclinant l'invitation du ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, Christophe Béchu.

 

Ce jeudi 22 février, avec six ministres (Collectivités Territoriales et de la ruralité, du Logement, de la Ville et de la citoyenneté, de la Mer et de la biodiversité), il doit visiter un quartier en pleine rénovation urbaine à Vaulx-en-Velin et échanger avec plusieurs acteurs du territoire lors d'une réunion publique à la préfecture du Rhône à Lyon. Objet de la rencontre : "Réussir ensemble la transition écologique dans le Rhône". Celle-ci sera donc sans les représentants du Bâtiment qui ont décidé de ne pas se rendre à l'événement. "Le temps n'est plus à la concertation mais à l'action, Monsieur le Ministre", clament-ils dans une lettre adressée au ministre.


"Depuis des mois, nous vous alertons sur l'ampleur de la crise (…)"

 

Dans la missive, ils regrettent de ne pas être entendus : "Depuis des mois, nous vous alertons sur l'ampleur de la crise et ses conséquences. Depuis la Commission Rebsamen, jusqu'au Conseil National de la Refondation du Logement, nous vous soumettons toute une série de propositions pour construire une politique ambitieuse du logement, sans succès". Et de poursuivre : "Tout récemment encore, notre président Olivier Salleron a été reçu par vos soins et Monsieur Guillaume Kasbarian, votre Ministre délégué du Logement, pour apporter les simplifications au dispositif MaPrimeRenov' ardemment sollicitées par la Profession ; Trois jours plus tard, le Gouvernement décide de raboter de 1 milliard d'euros le seul dispositif d'aide à la construction qui était encore épargné". S'ils reconnaissent des avancées notamment via l'allégement du DPE et la simplification du dispositif MaPrimeRenov', ils estiment ces mesures largement insuffisantes : elles " ne pourront pas alimenter sérieusement le choc d'offres espéré et soutenir le marché de la rénovation qui s'essouffle".

 

"Les dossiers MaPrimeRenov' engagés à la fin du troisième trimestre 2023 ont baissé de 20 % sur un an"

 

 

Enfin, ils reviennent sur les conséquences dans la région, observant "qu'en Auvergne-Rhône-Alpes, les dossiers MaPrimeRenov' engagés à la fin du troisième trimestre 2023 ont baissé de 20 % sur un an", et alertant sur "15 000 emplois menacés, dont 5 000 dans le seul département du Rhône". Ils réaffirment l'importance de la construction neuve dans le parcours du logement : " Si la rénovation des logements existants constitue bien aujourd'hui un enjeu majeur, il ne sera pas possible de réussir cette réhabilitation de l'ancien sans le logement neuf. Ne serait-ce que parce que les opérations de réhabilitation nécessitent un stock tampon pour reloger les occupants. Ce seul stock correspond dans le Rhône à environ 1 500 logements par an". Logiquement, ils renouvellent leurs propositions, à savoir "retour d'un PTZ élargi, création d'un statut pérenne pour les bailleurs privés, simplification drastique et maintien du budget de MaPrimeRenov' en soutien à la demande, rendre la REP opérationnelle pour les entreprises en déployant un vrai maillage territorial …".

 


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