LOCATION. L'adjoint chargé du logement à Paris réfléchit à imposer des quotas de meublés touristiques dans les quartiers les plus convoités par les touristes. Une annonce qui a fait réagir le géant de la location d'appartements, Airbnb.

La mairie de Paris a annoncé le 7 avril vouloir étudier la faisabilité de quotas de meublés touristiques, voire leur interdiction, "dans les zones tendues" de la capitale. C'est l'adjoint PCF au logement Ian Brossat qui est chargé de ce dossier.

 

La mairie veut "expérimenter, en lien avec l'État, un système de quota ou d'interdiction par rue ou par quartier dans les zones tendues de Paris", comme le décrit le texte de proposition. Cette idée vient d'une consultation de 26 citoyens, tirés au sort, qui a eu lieu entre janvier et février dernier. Les habitants se sont inspirés de l'exemple de Barcelone, qui a instauré une politique draconienne dans la régulation des plateformes de location, telles que Airbnb, Booking.com, Tripadvisor ou Abritel/Homeaway.

 

Adapter aux spécificités locales

 

Cette proposition vise des quartiers appréciés des touristes, notamment le centre de Paris, le Marais et Montmartre, tous confrontés à une pénurie de logements. "L'idée, c'est de lancer une étude sur le sujet pour voir à quoi un tel système pourrait ressembler à Paris et dans quelle mesure il serait utile", a expliqué Ian Brossat à l'AFP. "Si, à l'issue de cette étude, cela s'avère pertinent, il faudra de toute façon un changement législatif."

 

"On a une petite fenêtre avec la loi 4D, la nouvelle loi de décentralisation, qui devrait passer à l'été", a ajouté l'adjoint de la maire Anne Hidalgo. L'équipe municipale souhaite obtenir du législateur qu'il "autorise les communes le souhaitant à disposer de la possibilité d'adapter la régulation des meublés touristiques aux spécificités locales". S'il obtient l'autorisation, l'exécutif parisien pourrait "soumettre à autorisation toute mise en location touristique d'un logement", au lieu du système déclaratif actuellement en vigueur.

 

Cette annonce a déplu à l'entreprise Airbnb, qui juge la mise en place de quotas pour les locations saisonnières "illégale". "Les municipalités n'ont pas les compétences légales pour mettre en place ce type de mesures, discriminatoires pour les locations saisonnières", a-t-elle déclaré à l'AFP. La plateforme a chiffré à 95% le nombre de logements entiers loués durant l'année 2020. "La grande majorité des hôtes sur Airbnb sont des habitants qui louent occasionnellement leur propre logement."

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