Dans le centre-ville de Marseille, au sein de l'ancien quartier hôtelier de Noailles, Anissa Le Scornet et Enora Cloitre ont imaginé la conception d'un hôtel pas comme les autres. Ce dernier, situé au 65 rue d'Aubagne, à l'endroit où s'étaient effondrés deux immeubles en 2018, serait réalisé dans le but de redonner vie à ce cœur d'îlot. "L'hôtel invente une nouvelle forme d'habitat intergénérationnel, en mixant accueil de touristes et résidence pour seniors. Nous souhaitons proposer un cadre vivant pour les personnes âgées et prolonger leur autonomie au sein d'un milieu urbain", déclare à Batiactu Enora Cloitre. La jeune femme dit avoir visité un Ehpad qui l'a fait réfléchir sur les conditions de vie des résidents. "Toutes les pièces communes de l'établissement étaient vides. Les résidents préféraient rester dans le hall non chauffé en plein hiver dans l'espoir de croiser des personnes, notamment des soignants." L'hôtel imaginé dans la cité phocéenne serait doté d'espaces de vie. Un café pourrait, par exemple, accueillir des travailleurs en coworking la journée. Un jardin oasis et une piscine créeraient un îlot de fraîcheur.

 

Le projet vise aussi à apporter une réponse à la problématique du tourisme de masse dans la ville. "Le tourisme à Marseille est à la fois un avantage et un poids pour ses habitants. Nous voulions réconcilier les touristes et les Marseillais en proposant un programme mixte où les résidents peuvent se retrouver", reprend la jeune femme. Ainsi, les chambres des visiteurs de passage et des seniors, "pensées comme des unités", se situent aux mêmes étages. "Les chambres de forme rectangulaire sont réservées aux personnes âgées et sont aux normes PMR. Elles donnent directement sur la rue pour connecter les habitants à la ville, à ses services et commerces. Les chambres de forme circulaire sont destinées aux vacanciers. Si elles ne comportent pas de fenêtres directes sur l'extérieur, elles possèdent toutefois des cloisons qui s'ouvrent sur les espaces communs."

 

Quant à l'architecture du bâtiment, elle se veut, comme son programme, originale. "Notre architecture, avec sa façade angulaire, casse les codes des typologies locales, afin de marquer une évolution depuis le drame de 2018. Anissa et moi cherchions à apporter de la légèreté, en utilisant des matériaux clairs. La végétation est, elle, un clin d'œil aux tonalités vertes utilisées sur les constructions du Vieux port", conclut Enora Cloitre.

 

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Le jardin de l'hôtel 65 rue d'Aubagne. © Anissa Le Scornet et Enora Cloitre

 

 

 

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