Le procès en diffamation de l'association Sherpa, poursuivie par le groupe français de BTP Vinci, que l'ONG accuse de travail forcé au Qatar, attendra l'issue de l'enquête ouverte à Nanterre à ce sujet, a décidé jeudi le tribunal correctionnel de Paris.

Comme l'avait sollicité la défense de l'ONG, la chambre de la presse a accepté de surseoir à statuer. La défense de Vinci s'était associée à cette demande. L'association Sherpa, qui s'est fixée pour but de défendre les populations victimes des crimes économiques, a déposé plainte à Nanterre fin mars 2015 contre le groupe Vinci Construction Grands Projets (VCGP) pour "travail forcé" et "réduction en servitude", dans le cadre des chantiers liés à l'organisation du Mondial 2022 de football au Qatar.

 

Sur place, Sherpa assure que les travailleurs migrants voyaient leur passeport confisqué et étaient menacés, pour les dissuader de réclamer une amélioration de leurs conditions de travail. Le parquet de Nanterre a ouvert en avril 2015 une enquête pour "vérifier les allégations" de l'ONG. Entre temps, le groupe Vinci avait porté plainte contre l'association pour diffamation. Ce procès en diffamation s'inscrit dans le cadre de la riposte judiciaire déclenchée par Vinci contre Sherpa après sa plainte. Le groupe BTP a déjà poursuivi l'association pour atteinte à la présomption d'innocence, en référé (procédure d'urgence) puis au fond, mais ces deux procédures ont échoué.

 

Vinci, assurant poursuivre ses actions engagées en 2011 sur "les conditions de vie et de travail des travailleurs migrants au Qatar", en organisant des "missions", travaille à élaborer des "standards" internes en matière de droits de l'Homme et a fait réaliser une "étude d'impact" pour s'assurer des bonnes pratiques de sa filiale au Qatar.
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