INNOVATION. La lutte contre la pénibilité passe par l'adoption de nouvelles méthodes et technologies, même chez d'anciens métiers. L'entreprise SOE Stuc & Staff a participé à la mise au point d'un exosquelette mécanique qui soulage les bras de ses compagnons sur les chantiers. Découverte de cette solution avec Bruno Rondet, son président-directeur général.

Réduire la pénibilité des métiers du bâtiment, tel est l'enjeu des différentes technologies qui émergent aujourd'hui. Bruno Rondet, président-directeur général de SOE Stuc & Staff, a donc décidé de faire mettre au point un exosquelette qui aiderait ses ouvriers dans leur tâche la plus difficile : le ponçage minutieux des plafonds. Il nous raconte : "Comment pratiquer un des plus beaux métiers du second œuvre, stucateur, alors qu'on se fait mal ?". Face à ce constat, le chef d'entreprise lance une réflexion avec le comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) de son entité pour identifier les solutions qui soulageraient les compagnons obligé de porter, à bout de bras, de lourdes ponceuses.

 

"C'est la pire contrainte du métier. Les ouvriers le font quelques minutes, chacun leur tour, pour reposer leurs bras. Or, la précision doit être parfaite pour que la finition soit satisfaisante", poursuit le p-dg. "D'où l'idée d'un système de chèvre à roulette qui porterait l'outil ou de 'girafe' à rallonge pour travailler depuis le sol". SOE Stuc & Staff se met donc en recherche de solutions techniques qui répondraient à ses besoins et teste différentes machines. "Celle conçue par Flex pour le décapage n'était pas assez précise et faisait des auréoles et des traces sur les plafonds. Nous avons ensuite essayé avec un système de bras articulé fixé à un harnais à la façon des cameramen. Mais cette fois, il y avait un effet de couple au bout du bras télescopique qui rendait la ponceuse incontrôlable…". Les professionnels comprennent alors toute la nécessité de guider l'outil à la main.

 

Essai d\'exosquelette type cameraman
Essai d'exosquelette type cameraman © SOE Stuc & Staff

 

Plusieurs mois de tâtonnements avant d'aboutir

 

La société Exhauss, spécialisée dans les exosquelettes, propose alors un de ses modèles de série, destiné au portage de charge et d'en dériver une machine spécialisée pour les stucateurs. "Dans la première version les poignets de l'opérateur étaient reliés à la machine. C'était peu pratique et parfois douloureux, voire dangereux en cas de chute de l'échafaudage, en raison de l'impossibilité de se rattraper facilement…". Après plusieurs mois d'essais et d'évolutions, le modèle définitif apparaît enfin : l'armature métallique, d'une douzaine de kilos, s'enfile comme un harnais. Elle est articulée par des "tendons" élastiques et vient soutenir les bras à la hauteur des triceps, laissant les avant-bras et les mains libres pour guider la ponceuse. "Nous l'avons testé sur les ouvriers les plus réfractaires au changement, ceux qui étaient le plus attaché à la tradition", relate le p-dg de SOE Stuc & Staff. "Et les résultats ont été immédiats : ils pouvaient poncer sans pause pendant 40 minutes d'affilée. Du jamais vu ! Avec 100 % de satisfaction on pouvait dire que le pari était gagné", fait valoir Bruno Rondet qui estime qu'il serait aujourd'hui impensable de faire autrement.

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