Quelques jours après l'annonce du plan de relance de l'apprentissage dévoilé par le Premier ministre lors de la troisième conférence sociale, les partenaires sociaux et les représentants du secteur de branche du BTP s'accordent à dire qu'une étape a été franchie. Dans l'attente de la prochaine réunion à la rentrée avec les partenaires sociaux et les Régions, le CCCA-BTP apporte des précisions. Décryptage avec son secrétaire général Marcel Malmartel.

Après avoir confirmé, comme le président de la République l'a annoncé il y a une semaine lors de l'ouverture de la conférence sociale, l'ouverture d'une négociation en septembre pour "lever tous les blocages", le Premier ministre a détaillé de nouvelles "mesures financières" pour "réussir la rentrée de l'apprentissage". Ainsi, "200 millions d'euros supplémentaires" seront dégagés et votés cette semaine a promis Manuel Valls. Côté réactions, les partenaires sociaux comme l'UPA voient d'un très bon œil ce plan de relance. Le réseau du CCCA-BTP s'en réjouit également mais attend des résultats sur le fond.

"L'importance de revoir le rôle entre l'entreprise avec le CFA"

"L'aide d'un versement de 1.000 euros par jeune dans le cadre d'un accord de branche nous satisfait en tant qu'organisme de formation, nous indique Marcel Malmartel, le secrétaire général du CCCA-BTP. On ne s'y attendait effectivement pas. Désormais, nous observerons les contours du plan de relance qui seront définis lors d'une réunion à la rentrée à laquelle assisteront les partenaires sociaux, les Régions et le service public de l'emploi. Comme l'a demandé l'Association des régions de France (ARF) au cours de la conférence sociale, j'espère que le seuil sera relevé pour les entreprises de moins de dix salariés."

 

Et de poursuivre son analyse : "Je pense qu'à partir de ces mesures, il faut réfléchir sur le fond à une prise en charge structurelle des charges qui sont celles d'un maître d'apprentissage lorsqu'il recrute un apprenti, et de son entreprise formatrice qui a la responsabilité de former des jeunes. Il serait effectivement important de revoir le rôle entre l'entreprise avec le CFA. Nous demandons, par exemple, dans le BTP, une reconnaissance de la fonction de l'entreprise notamment dans notre secteur où beaucoup de jeunes n'ont pas de projets."

20.000 jeunes frappent à la porte des 103 centres de formation d'apprentis

A l'heure actuelle en France, près de 20.000 jeunes frappent à la porte des 103 centres de formation d'apprentis (CFA) du BTP pour une préinscription en vue de la prochaine rentrée. Or, "malheureusement ils ne trouvent pas toujours d'entreprise du secteur pour les accueillir en formation et ne peuvent pas, de fait, s'engager dans la voie de l'apprentissage aux métiers du BTP", déplore Serge Malmartel.

Vers une simplification du cadre réglementaire

C'est pourquoi l'Etat envisage des simplifications du cadre réglementaire applicable aux embauches en apprentissage pour mobiliser les entreprises, en l'occurrence avec de nouvelles dispositions relatives à l'embauche des jeunes mineurs, dans le respect des conditions de sécurité de travail, et au temps de travail. Une concertation est également envisagée lors de la prochaine réunion avec les partenaires sociaux sur la question du statut des apprentis, en particulier de leur rémunération.

 

Par ailleurs, le ministère de l'Education nationale prépare pour la rentrée prochaine une vaste campagne de revalorisation de l'apprentissage auprès des élèves notamment à partir de la 5ème. "Comme je le répète, l'ensemble de ces mesures visant à redonner une nouvelle image de l'apprentissage doivent êtres approfondies par une réflexion sur la mission et le rôle éducatif des entreprises", insiste le secrétaire général du CCCA-BTP.

 

Et de conclure : "Nous attendons octobre prochain pour pouvoir dresser un bilan dans le BTP. En 2013/2014, le nombre de jeunes en formation dans ce réseau a reculé de 8% au niveau national, à 58.400 apprentis -accueillis par 45.000 entreprises - contre 63.800 l'année précédente, c'est-à-dire en 2012. Si les résultats économiques ne s'améliorent pas d'ici à la rentrée, on craint une nouvelle baisse importante et on pourrait passer sous la barre des 50.000…"

 

Un premier bilan de l'opération "Casques Jaunes"
casques jaunes
casques jaunes
Alors que le réseau d'apprentissage dans le BTP lançait le 18 juin dernier, l'opération "le Mouvement des casques jaunes", une journée d'action pour inciter les entreprises du BTP à recruter et former des apprentis, le CCCA-BTP se félicite des retombées médiatiques de l'opération mais l'organisme n'est pas en mesure pour le moment de dresser un bilan chiffré de l'opération. "C'est seulement à partir de la rentrée 2014 que l'on sera capable de mesurer le nombre d'entreprises qui ont recruté un apprenti, nous explique-t-on au réseau d'apprentissage. Plusieurs milliers d'entreprises sont visées à travers cette opération qui a coûté à notre organisme près de 300.000 euros. Un point est sûr : on maintiendra cette opération dans le temps."

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