Parmi tous les sujets évoqués au cours de la troisième conférence sociale, l'apprentissage a eu l'oreille attentive du Gouvernement. Détails des mesures et réactions.

A l'issue des sept tables rondes de la troisième conférence sociale, Manuel Valls, aux commandes depuis 100 jours, a dressé, mardi 7 juillet, à la tribune du Conseil économique, social et environnemental (Cese), sa feuille de route sociale pour l'année à venir.

 

"Avec le Président de la République, nous entendons assumer pleinement cette volonté de réforme, a tonné le Premier ministre dès l'entame du discours. Il faut avancer. Je le dis au patronat, aux organisations syndicales, aux élus, aux administrations de l'Etat, car les conservatismes existent partout."

"Un coup de pouce aux seniors"

Pour les seniors, un plan d'action spécifique sera bien mis en oeuvre par le ministre du Travail, a confirmé Manuel Valls. "Le Pôle emploi étendra son accompagnement renforcé, pour qu'il concerne 270.000 demandeurs d'emploi particulièrement éloignés de l'emploi, soit 80.000 de plus qu'aujourd'hui. (...) Les contrats d'insertion dans l'emploi, pour l'embauche dans le secteur marchand, seront concentrés sur les seniors, les chômeurs de très longue durée et les personnes handicapées. Le Président de la République a indiqué que 80.000 de ces contrats initiatives emploi (CIE) seront déployés en 2015 (…) La fin de carrière peut aussi être l'occasion de créer son entreprise ou d'accéder à d'autres formes d'emploi. Je pense au groupement d'employeur ou au portage salarial. A ce titre, l'accord majoritaire qui l'encadre devra trouver une nouvelle base législative avant la fin de l'année 2014."

Une aide de 1.0000 euros par apprenti

Le Premier ministre a annoncé dans la foulée que 200 millions d'euros d'aides en faveur de l'apprentissage allaient être "votées dès la semaine prochaine." Ces 200 millions d'euros seront notamment destinés à mettre en place "une aide de 1.000 euros par apprenti" dans les secteurs professionnels où un accord de branche "aura été conclu", a précisé Manuel Valls.

 

En détail, plusieurs mesures financières seront mises en oeuvre : 100 millions d'euros issus des fonds européens seront dédiés dans les deux ans qui viennent à l'insertion des jeunes, en particulier les apprentis. Des appels à projets permettront d'aider les jeunes face aux problèmes très concrets qu'ils rencontrent : permis de conduire, hébergement, financements des premiers équipements. Par ailleurs, 80 millions d'euros financeront de nouvelles formations et l'augmentation des capacités d'hébergement dans le cadre du programme d'investissements d'avenir. "Enfin, les branches professionnelles doivent négocier pour fixer des objectifs de développement de l'apprentissage."

 

Côté réactions, Patrick Liébus, vice-président de l'UPA, déçu dans son ensemble de la grand-messe sociale a reconnu à l'issue de la première table ronde 'Amplifier l'action pour l'emploi, en particulier pour les jeunes et les séniors', que des points positifs sont à retenir sur l'apprentissage : "Des efforts de communication, des mesures de financements sont prévues par le Gouvernement, c'est déjà un bon point."

Vers des Assises de l'investissement à l'automne

Après l'emploi, et l'apprentissage, le chef du Gouvernement a longuement défendu la nécessité d'un retour à la croissance. Pour ce faire, des Assises de l'investissement seront réunies à l'automne, alors qu'Arnaud Montebourg, le ministre de l'Economie, défendra devant les parlementaires une loi sur la croissance et le pouvoir d'achat. Manuel Valls est revenu sur la modernisation du dialogue social. "La mobilisation dans les branches professionnelles n'est pas encore à la hauteur (…) Les négociations ne sont pas encore assez nombreuses et pas assez avancées. Il faut accélérer."

 

Enfin, qualifiant le boycott de FO, CGT et FSU de "geste ponctuel", Manuel Valls a expliqué : "Je n'ai pas entendu l'annonce d'un retrait de toute négociation, de tout échange avec l'Etat, même si j'ai entendu une critique globale du pacte de responsabilité et de la politique du Gouvernement."

 

Jean-Pierre Crouzet, président de l'UPA réagit
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crouzet © UPA
"Il nous faut des mesures concrètes car l'Artisanat représente en France 300.000 apprentis tous les ans. C'est insuffisant. Nous sommes également favorables à une meilleure orientation des élèves afin que l'apprentissage ne soit pas une filière considérée comme destinée aux élèves 'en échec' et à des mesures qui assurent les mêmes prestations de logement aux apprentis qu'aux étudiants. Enfin, nous avons demandé une 'aide financière' aux entreprises de moins de 50 salariés prenant des apprentis. Comment peut-on dans nos entreprises, alors que nous avons des masses salariales qui sont à 50%, encore amplifier ces masses salariales ? C'est l'explosion, c'est l'asphyxie totale. Nous avons donc besoin que l'Etat, et surtout les régions, s'engagent, nous comptons sur elles aussi."

 

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