Inutile de surenchérir, déclare la société foncière Gecina, qui lutte contre Eurosic pour reprendre Foncière de Paris. Elle estime que son offre est supérieure à celle de son concurrent et qu'elle est donc suffisante pour emporter la décision. Cependant, tous les actionnaires n'ont pas été convaincus.

Engagés dans une lutte pour reprendre la Foncière de Paris depuis le printemps de 2016, Eurosic et Gecina enchérissent à tour de rôle. Mais le second a estimé, ce lundi 25 juillet, qu'il devrait avoir le dernier mot. Dans un communiqué, la société déclare : "Gecina confirme qu'il n'y a pas matière à surenchère, son offre ayant été reconnue comme mieux-disante par les membres du conseil de surveillance de Foncière de Paris qui ne sont pas en situation de conflit d'intérêts". En effet, certains membres du conseil de surveillance, dont Eurosic (actionnaire à hauteur de 26,64 %), GMF Vie et Assurances Crédit Mutuel (11,5 % du capital) s'étaient abstenus de toute participation au vote, laissant le champ libre aux cinq autres membres, qui avaient considéré à l'unanimité l'offre de Gecina "dans l'intérêt de la société, ses actionnaires et ses salariés".

 

Le numéraire fera-t-il la différence ?

 

Dans les faits, Gecina propose "une prime en numéraire de 13 % sur le nouvel ANR (actif net réévalué) publié, contre seulement 2 % pour celle d'Eurosic", souligne-t-elle. Toutefois, certains actionnaires d'importance, comme Covéa (29,64 % du capital de Foncière de Paris) ou La Tricogne se sont prononcés en faveur de l'offre Eurosic. Ils rapportent que les composantes en numéraire des deux offres ne constituaient pas un critère déterminant dans "un environnement de taux bas persistant, en l'absence d'opportunité d'investissement équivalente et avec un programme existant déjà très important, de 8 Mrds € d'investissements financiers programmés sur les 12 prochains mois". Yann Perchet, le p-dg d'Eurosic déclarait notamment : "Nous sommes convaincus que notre stratégie est meilleure, que notre projet est plus attractif. Notre offre est mieux-disante, sauf pour celui qui veut du cash immédiatement". Au moment de l'offre initiale de rapprochement, le groupe précisait vouloir "créer un nouvel acteur de référence de l'immobilier tertiaire avec un patrimoine combiné supérieur à 5 Mrds € et une très forte présence à Paris".

 

L'Autorité de la concurrence a, pour sa part, approuvé les deux opérations : d'abord le 12 mai pour l'offre d'Eurosic, puis le 24 juin pour celle de Gecina. Le dénouement est-il proche ?
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