Les 4es assises nationales des énergies marines renouvelables qui se sont tenues au Havre démontrent une belle vitalité pour cette filière en France, avec plusieurs milliers d'emplois et des industriels français qui se placent sur toutes les technologies. Zoom.

Qu'il s'agisse d'éolien offshore fixe ou flottant, de turbines hydroliennes immergées ou d'installation d'exploitation de la chaleur des océans, les entreprises françaises sont sur le pont. Jean-Louis Bal, le président du Syndicat des énergies renouvelables (SER), déclare : "L'exploitation des énergies de la mer est devenue une réalité économique, technologique et industrielle". En témoigne le succès des 4es assises nationales des énergies renouvelables qui se sont tenues dans le cadre de la convention d'affaires internationale Seanergy Normandy 2017, au Havre : près de 450 participants ont assisté à l'événement qui se tient tous les quatre ans et qui constitue un véritable jalon dans la progression du secteur.

 

"Nous avons constaté de l'optimisme chez tous les acteurs", assure le président du SER. Et pour cause : le bilan fait état de plus de 2.000 emplois en France avec un rythme de développement rapide. Le 23 mars a, par exemple, été posée la première pierre de l'usine de pales d'éoliennes offshore LM Wind Power à Cherbourg, une unité qui emploiera 550 personnes à partir du printemps de 2018. Une deuxième usine française dédiée à ces machines après celle, inaugurée en 2014 par Alstom (groupe GE), près de Saint-Nazaire. Des installations industrielles qui répondront à la forte demande européenne, puisque 3,5 GW de capacités supplémentaires sont d'ores et déjà prévues pour 2017 puis 2018. La filière économique française est d'ailleurs largement tournée vers l'export, puisqu'elle réalise 75 % de son chiffre d'affaires à l'international.

 

Normandie, Bretagne et Pays de la Loire en pointe

 

Autre tendance observée, en relation avec l'accroissement des volumes et les hausses de production, une réduction drastique des coûts : en Europe, elle est évaluée à -48 % entre 2010 et 2016. Edouard Philippe, le député-maire du Havre ne s'y trompe pas : "Les énergies marines renouvelables constituent un enjeu industriel et un relai de croissance pour les territoires". D'où l'intérêt pour les régions et agglomérations d'attirer les investisseurs et porteurs de projets. La Bretagne et les Pays de la Loire entendent tirer parti de ce développement des énergies marines pour assurer leur avenir énergétique et industriel pour "former un territoire d'action pertinent qui regroupe toutes les compétences portuaires, techniques et scientifiques nécessaires à l'accueil et l'accompagnement" de tels projets. Les deux régions ont renouvelé leur engagement de coopération afin de positionner cette pointe Ouest de l'Europe comme l'un des territoires moteurs des EMR du continent. Dominique Ramard, délégué à l'énergie pour la Bretagne, explique : "Ensemble, nos deux régions rassemblent des entreprises, des compétences industrielles et académiques d'envergure internationale. Le salon FWP Atlantic Forum dédié à l'éolien flottant en 2016 (organisé à Brest) a été un succès collectif ; il nous faut poursuivre le travail pour promouvoir cette excellence et accélérer l'émergence des projets sur nos côtes". La concurrence sera rude, d'autres régions comme l'Ecosse ou le Pays basque espagnol se positionnant également sur ce créneau.

 

La France pourra toutefois compter sur un acteur d'envergure mondiale avec DCNS Energies, présent sur trois marchés distincts : hydrolien (via sa filiale OpenHydro), éolien flottant (avec Alstom-GE) et énergie thermique des mers. Pour la première technologie, développée depuis une dizaine d'années, trois machines ont déjà été déployées en France (Paimpol-Bréhat) et au Canada (baie de Fundy) tandis que d'autres projets sont à l'étude (Japon, Indonésie). Il est également prévu qu'une première ferme pilote de sept turbines soit installée dans le raz Blanchard (Normandie) à l'horizon de 2018. "Ce portefeuille de projets permet à DCNS Energies d'engager très prochainement la construction d'une usine d'assemblage d'hydroliennes sur le port de Cherbourg", assure le groupe. Sur l'éolien flottant, il coopère avec General Electric et fait partie d'un consortium sélectionné dans le cadre d'un appel d'offres de l'Ademe pour la création d'une ferme pilote au large de Groix (Morbihan) en 2019 cette fois. Et à l'étranger, il est partenaire du projet New England Aqua Ventus, au large du Maine. Enfin, concernant la thermique des mers, DCNS travaille sur le projet Nemo à la Martinique où la centrale offshore de 10,7 MW alimentera en électricité 35.000 foyers iliens. Les EMR françaises sont donc bien portées par les alizées.
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