Le marché du diagnostic immobilier vit une période faste : après une progression du chiffre d'affaires global de +10 % en 2015, il devrait connaître une croissance continue sur la période 2016-2017, estime le cabinet Xerfi.

"L'optimisme est de mise pour les diagnostiqueurs immobiliers", annonce Vincent Desruelles, l'auteur de l'étude "Le marché des diagnostics immobiliers - Analyse des performances financières, évolution du paysage concurrentiel et prévisions d'activité pour 2017" pour le cabinet Xerfi. En effet, selon ses données, le chiffre d'affaires de ce secteur n'a cessé de progresser depuis 2013, en moyenne de +10,7 % par an. "Une performance qui s'appuie (en 2015) sur la bonne santé du marché immobilier sur les segments de l'ancien (+15,7 %)", détaille le spécialiste.

 

2016, un bon millésime…

 

Une tendance qui devrait se poursuivre dans les mois qui viennent. "Le marché immobilier poursuivra en effet sur l'excellente dynamique du 2nd semestre 2015. Les transactions de logements anciens atteindront ainsi un niveau record, dépassant pour la première fois la barre des 845.000". L'analyste note un regain de pouvoir d'achat des ménages, un maintien des taux d'intérêts à un niveau historiquement bas (1,98 % en mai 2016 pour le taux moyens des crédits à l'habitat selon la Banque de France), et l'attractivité des placements immobiliers. Vincent Desruelles souligne également que la réglementation ne connaît pas d'évolution majeure en 2016, mais qu'à l'approche du 1er janvier 2017, la demande de réalisations de Diagnostics de performance énergétique ou d'audits énergétiques de copropriétés devrait s'accélérer. D'autant que les premiers DPE vente, réalisés en 2006, d'une validité de 10 ans, seront à renouveler. De quoi anticiper une progression du chiffre d'affaires de +8 % en 2016, portée par les exigences autour de l'amiante, qui ont apporté un surplus d'activité.

 

… mais 2017 sera une grande année

 

Cette hausse de CA pourrait même atteindre les +12 % en 2017, assure l'expert de Xerfi. "Et ce grâce à l'augmentation des diagnostics à réaliser, notamment dans le domaine de l'amiante et des bons fondamentaux du marché immobilier", même malgré le Brexit. Il cite l'entrée en vigueur de nouvelles obligations dans le secteur locatif sur le gaz et l'électricité. "S'il est possible que seule une partie des logements soit concernée dans un premier temps (ceux dont l'installation a plus de 15 ans, dans des immeubles datant d'avant 1975), avant une généralisation en 2018, la demande liée à cette nouvelle réglementation dynamisera les revenus sectoriels", avance Vincent Desruelles. En revanche, l'année sera chargée pour les diagnostiqueurs, puisqu'ils devront passer pour la deuxième fois par la certification, après une première vague en 2012, "qui avait laissé de nombreux opérateurs sur le bord de la route". Un nouvel épisode qui ne devrait toutefois pas bouleverser la structure concurrentielle du secteur.

 

L'amiante, une manne pour les diagnostiqueurs

 

Le cabinet Xerfi détaille d'ailleurs cette structure du marché français du diagnostic immobilier, qui s'avère être "relativement éclatée" entre des groupes intégrés (Qualiconsult, AC Environnement, Allodiagnostic), des franchises (Agenda France, Diagamter, Ex'Im Bleu) et des entités indépendantes ou des acteurs "solos". Une polarisation devrait cependant s'opérer, à la faveur de l'évolution des demandes, entre, d'un côté de gros acteurs, dont les chiffres d'affaires ne cessent de croître (multiplication par 2 ou 3 entre 2013 et 2015 pour Qualiconsult et AC Environnement) et qui investissent dans de coûteux laboratoires d'analyse (empoussièrement d'amiante) et des diagnostiqueurs indépendants, "travaillant principalement en BtoC au niveau local". Le diagnostic amiante devrait, toujours selon Vincent Desruelles, demeurer le principal moteur de la croissance pour les entreprises habilitées : "La tendance à plus de protection des travailleurs laisse penser que les opérations de repérage conservent un avenir certain à moyen terme. Un diagnostic amiante pour la location, acté par la loi Alur, doit par ailleurs bientôt entrer en vigueur (en 2017 ou 2018)". Le diagnostic est donc posé : tout va bien pour la profession !
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