PROJETS VERTS - Aller au-delà de la RT 2012 avec le maximum de matériaux éco-sourcés, tel est le défi relevé par le maître d'œuvre Jean-Yves Gommerel, qui est en passe de livrer une maison BBC et passive isolée par de la paille et de la ouate de cellulose. Un projet qui se veut exemplaire et reproductible, selon son concepteur. Détails.

Ossature bois porteuse, paille et ouate de cellulose pour l'isolation, terre crue : la maison érigée par Jean-Yves Gommerel, maître d'œuvre en bâtiment et membre d'un réseau de professionnels éco-engagés, est assez représentative de ce qu'on peut faire en matière d'habitat durable tout en respectant les réglementations existantes. En effet, s'il existe, depuis janvier 2012, une réglementation pour la construction en paille, ce système constructif n'est pourtant pas couvert par la garantie décennale exigée des maîtres d'œuvre.

 

20% en auto-construction
Ainsi, pour répondre aux attentes des maîtres d'ouvrage qui souhaitaient une maison qui aille au-delà de la réglementation thermique 2012 et qui associe des matériaux naturels, Jean-Yves Gommerel a misé sur un concept alliant construction et auto-construction. Ainsi, cette maison - située entre Rennes et Angers, en Maine et Loire - a été réalisée à 20% en auto-construction, principalement pour la partie isolation en paille (en provenance de la Mayenne) au rez-de-chaussée et en ouate de cellulose à l'étage et pour le poste peintures intérieures à base de produits bio. "Cette partie d'auto-construction a été entièrement cadrée par la maîtrise d'œuvre", tient à nous rassurer Jean-Yves Gommerel. Cette contrainte de coût de construction assez forte est venue s'ajouter à deux autres contraintes de taille : la situation en lotissement et la nécessaire autorisation des Architectes des Bâtiments de France.

 

Paille et terre crue du terroir
Résultat, on obtient une maison à l'architecture bioclimatique, composé d'un auvent en courbe spécialement calculé pour optimiser la protection solaire, avec une façade orientée Sud totalement vitrée. Sur une surface d'habitation de 184 m2, la maison est constituée de deux volumes : un principal au rez-de-chaussée et un volume réduit à l'étage qui bénéficie d'un apport architectural caractéristique grâce à sa toiture en zinc prépatiné anthracite. Le bardage de ce bloc supérieur est en Douglas, tandis que la partie basse est recouverte d'un enduit de terre (issue d'un autre chantier à proximité) sur botte de paille. Pour assurer l'inertie de l'ensemble, la dalle principale est en béton et un mur de refend en terre crue trône au milieu de l'habitation. Côté équipements, les propriétaires voulaient un chauffage au bois. Il a donc été installé un poêle à pellets, mais en raison de la législation qui n'autorise pas ce type d'appareils pour chauffer une surface supérieure à 115 m2, des convecteurs électriques ont été placés à l'étage. "Sans cette obligation, la maison aurait pu être à énergie positive", estime Jean-Yves Gommerel. Qui ajoute : "Elle est en tous cas prête à recevoir des panneaux solaires photovoltaïques, ce qui la rendrait définitivement à énergie positive dans un avenir proche".

 

Cette technique et ce concept constructifs tournés vers l'éco-sourcing des matériaux, propres à Jean-Yves Gommerel, sont totalement reproductibles. "C'est essentiel", conclut l'intéressé.

 

Fiche technique
Shab = 184,48m²
SHON = 222,00m²
Volume chauffé = 461,20m²

 

- Isolation paille et ouate de cellulose
- Menuiseries mixtes bois et aluminium
- Couverture en zinc
- Chauffage au bois
- Performance énergétique : 34kw/m²/an < à la législation RT 2012
- Etanchéité à l'air = 0,31
- Maison passive et labellisée BBC Effinergie
- Coût prévisionnel des consommations chauffage et eau chaude sanitaire = 409 euros / an
- Prix : 1.500 €/m2

 

Comme Jean-Yves Gommerel, n'hésitez pas à publier vos réalisations sur le réseau social de Batiactu.
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