Neuf pays européens se sont engagés à renforcer leur coopération dans le domaine de l'éolien en mer, au nord du continent. Ils entendent réduire les coûts de construction des fermes en pleine mer, harmoniser les réglementations et subventions nationales et améliorer les interconnexions électriques transfrontalières.

L'Allemagne, la Belgique, le Danemark, la France, l'Irlande, le Luxembourg, la Norvège, les Pays-Bas et la Suède se sont engagés, ce lundi 6 juin 2016, à renforcer leur coopération dans l'énergie éolienne offshore. Ils ont signé, avec les commissaires européens en charge de l'Union de l'énergie et du climat, un plan d'action spécifique aux "mers du nord du continent". Cette coopération se traduira dans la planification des zones exploitées, l'harmonisation des réglementations et dispositifs de subvention de cette énergie renouvelable, et dans l'interconnexion des réseaux électriques afin de mieux faire circuler le courant généré par les machines.

 

Se concerter pour la prochaine décennie

 

Le vice-président de la Commission européenne, Maros Sefcovic, explique : "Pour tirer pleinement profit, à un moindre coût, du potentiel qu'offrent les ressources des mers du Nord, il sera primordial que les pays de la région coopèrent étroitement et mettent en commun leurs sources d'énergie". Le ministre néerlandais des Affaires économiques, Henk Kamp, précise de son côté : "Malgré l'ampleur des constructions, il y a toujours beaucoup d'espace disponible dans la mer du Nord. En collaboration avec d'autres pays, nous étudions ce qui peut être fait après 2020, et dans la période autour de 2030".

 

L'Union européenne cherche à réduire sa dépendance aux énergies fossiles en développant les renouvelables. Elle s'est fixé comme objectif de réduire de 20 % ses émissions de gaz à effet de serre d'ici à la fin de la décennie et de 40 % dix ans plus tard, tout en portant la part des EnR (dont les énergies marines) à 20 % de la production électrique en 2020 et au moins 27 % en 2030. Il faut noter une absence importante, dans cette coopération européenne : la Grande-Bretagne, située au cœur de la zone envisagée et pays de premier plan dans l'éolien offshore. Rappelons que les zones les plus propices, en Europe, se situent précisément le long des côtes ouest et nord de l'Irlande, en Ecosse et en mer du Nord. Encore une preuve du particularisme britannique ?

 

EDF Energies Nouvelles construit un parc éolien en mer au Royaume-Uni :
La filiale EnR d'EDF a lancé la construction d'un parc éolien en mer de Blyth, au large du comté de Northumberland (nord-est de l'Angleterre). La première tranche de ce projet sera composée de cinq turbines MHI-Vestas Offshore Wind d'une puissance unitaire de 8,3 MW. L'installation en mer, pilotée par EDF Energy Renewables, débutera en 2017. Le groupe prévoit de déployer certaines technologies novatrices (fondations gravitaires innovantes, turbines dernier cri, câbles 66 kV, optimisation des procédures d'installation). EDF EN rappelle avoir déjà peaufiné ses méthodes en développant plusieurs parcs offshore, au Royaume-Uni (Teesside), en Belgique (C-Power) ou en France (Fécamp, Saint-Nazaire, Courseulles).
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