Ce lundi 29 juin, la Commission européenne a annoncé que la France recevra 1,76 milliard d'euros de fonds pour les infrastructures de transport dans le cadre du Mécanisme pour l'interconnexion en Europe pour la période 2016-2020. Parmi les 25 projets éligibles figurent notamment le Canal Seine-Nord (979 millions d'euros) et le Lyon-Turin (813,8 millions d'euros). Précisions.

Après six mois d'examen de dossiers, la Commission européenne présidée par Jean-Claude Junker a annoncé, lundi 29 juin, la liste des 276 projets dont les 25 français* qui bénéficieront de ses subventions, donnant en principe le feu vert à la réalisation de ces infrastructures.

 

Cette enveloppe de 1,76 milliard d'euros devrait logiquement assurer le démarrage voire la poursuite de projets d'envergure, comme le canal Seine-Nord Europe ou le tunnel ferroviaire Lyon-Turin; ou encore les chantiers de modernisation et d'extension du réseau ferré national, à l'image des travaux de développement des ports suivants Port Calais 2015, Le Havre, Rouen, Bordeaux, Nantes-Saint-Nazaire.

700 dossiers au départ

Pour rappel, ces projets ont été sélectionnés parmi plus de 700 dossiers soumis depuis septembre 2014 "dans le cadre des premiers appels à propositions au titre du mécanisme pour l'interconnexion en Europe", a signalé la Commission européenne dans un communiqué.

 

Et d'ajouter : "Ces projets sélectionnés sont principalement concentrés sur le réseau central du Réseau transeuropéen de transport (RTE-T)." Les bénéficiaires sont notamment des initiatives phares telles que Rail Baltica (Finlande, Pays Baltes, Pologne) , le tunnel de base du Brenner (Autriche et Italie), le pont de Caland (Pays-Bas) ou la liaison fixe du Fehmarn Belt (Danemark).

979,7 millions d'euros d'aides pour le Canal Seine-Nord Europe
E, France le Canal Seine-Nord Europe bénéficiera d'une aide européenne de 979,7 millions d'euros, soit plus de 42% du coût estimé des études, tandis que le chantier du Lyon-Turin recevra 813 millions d'euros, à hauteur de 41,08 % pour les travaux à réaliser d'ici à 2019.

 

D'ailleurs, Violeta Bulc, commissaire européenne pour les transports, s'est réjouie de "pouvoir proposer le plan d'investissement le plus ambitieux jamais réalisé par l'UE dans le secteur des transports."

 

Et d'indiquer dans un communiqué : "Les projets sélectionnés profiteront aussi bien aux particuliers qu'aux entreprises, en modernisant les infrastructures et en supprimant les goulets d'étranglement existants. Ils favoriseront aussi l'adoption de solutions de mobilité durables et innovantes. ;(…) La mise en oeuvre du réseau transeuropéen de transport (RTET) pourrait permettre de créer jusqu'à 10 millions d'emplois et d'accroître le PIB de l'Europe de 1,8 % d'ici à 2030."

 

Décision finale le 10 juillet prochain

De son côté, Matignon s'est réjoui dans un communiqué : " Ces financements sont une excellente nouvelle pour le pays". Assurant aussi que ces crédits "vont permettre d'engager la réalisation de projets essentiels pour le développement de nos territoires et pour le report modal vers les transports les moins émetteurs de gaz à effet de serre."

 

De son côté, la FNTP, interrogée ce mercredi, nous assure que "cette enveloppe européenne va dans le bon sens mais en attendant bien sûr les confirmations des projets."

 

La prochaine étape ? La décision de financement proposée doit désormais être adoptée officiellement par le comité du mécanisme pour l'interconnexion en Europe, qui se réunira le 10 juillet prochain, souligne la Commission européenne. L'Agence exécutive pour l'innovation et les réseaux (INEA) élaborera ensuite les conventions de subvention individuelles, qui seront signées avec les bénéficiaires au cours du second semestre de 2015.

 

*Les 25 projets débloqués en France
-Armis, Société du Grand Paris (SGP) : 62,5 millions d'euros
-Atlantis, Chambre de Commerce et d'Industrie de Brest : 4,1 millions d'euros
-Axe européen LGV Rotterdam-Gênes, partie française : 110,9 millions d'euros
-Calais Port : 411,5 millions d'euros
-Canal Seine-Nord Europe : 2,32 milliards d'euros
-Contournement ferroviaire de l'agglomération lyonnaise (CFAL) partie sud et nouveau franchissement du Rhône, préparation et réalisation de l'enquête, préalable à la Déclaration préalable d'utilité publique (EPDUP) : 2,6 millions d'euros
-Etudes du projet de ligne nouvelle entre Montpellier et Perpignan : 23,30 millions d'euros
-Etudes relatives au traitement du nœud de Mulhouse et optimisation de la second phase de la LGV Rhin-Rhône, branche Est : 3,6 millions d'euros
-Etudes techniques d'un projet non communiqué : 79 millions d'euros
-Grand Port maritime de Bordeaux : 20,6 millions d'euros
-Grand Port maritime de Nantes Saint-Nazaire : 18,4 millions d'euros
-Grand Port maritime de Rouen : 86,8 millions d'euros
-Grand port maritime du Havre : 2 millions d'euros
-Installations permanentes de contre sens entre Gazinet et Dax sur la ligne entre Bordeaux et Turin coût : 9,6 millions d'euros
Installation de systèmes d'opérations d'eau et de mazout en Bretagne : 14,3 millions d'euros
-Ligne nouvelle Bordeaux-Dax : 104,9 millions d'euros
-Métropole Lyon Transport : 12,1 millions d'euros
-Modernisation de la ligne Serqueux-Gisors : 229,6 millions d'euros
-Port autonome de Strasbourg : 10,1 millions d'euros
-SCOO@F Part 2 (transport intelligent coopératif) 20 millions d'euros
-Section transfrontalière de la section internationale de la nouvelle liaison ferroviaire Lyon-Turin -Tunnel de Base du Mont-Cenis (TBM) :1,98 milliards d'euros
-Société du Grand Paris : 31,3 millions d'euros
-Suppression passage à niveaux entre Cenon et Lagraves d'Amabarès, près de Bordeaux : 12,9 millions d'euros
-Système de communication vocale sur l'aéronautique : 41,4 millions d'euros
-Système d'information pour les automobilistes sur les autoroutes (ASFA) : 53,2 millions d'euros

 

Source : Commission européenne

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