Le chantier du Grand Paris Express, avec ses 200 km de voies et ses 72 gares prévues d'ici à l'horizon 2030, générera "environ 40 millions de tonnes de déblais", a déclaré Philippe Yvin, président du directoire de la Société du Grand Paris (SGP), qui préconise de privilégier des modes de transport fluvial et ferroviaire.

Après la publication, fin décembre 2014, d'un rapport de la Commission du développement durable de l'Assemblée nationale, piloté notamment par les députés Alexis Bachelay (PS) et Yves Albarello (UMP), la construction du Grand Prix Express devient un enjeu environnemental de taille. "Ce grand métro, soit 200 kilomètres de voies, de tunnels, et 72 gares occasionnera au moins 40 millions de tonnes, d'ici à 2030", a affirmé Philippe Yvin, président du directoire de la Société du Grand Paris (SGP), maître d'ouvrage à l'issue d'une table ronde de la Commission du développement durable et de l'aménagement du territoire de l'Assemblée nationale consacrée à ce sujet, organisée mardi 24 mars.

 

"20 millions de m3 de terre à excaver à partir de 2016, début des gros travaux"

 

Ce chiffre sera "à affiner", puisque la SGP vient de se voir octroyer un tronçon supplémentaire, la ligne 15 Est (anciennement sous maitrise d'ouvrage du Stif), a précisé le patron de la SGP. Cela représente exactement "20 millions de m3 de terre à excaver à partir de 2016, début des gros travaux", a poursuivi Philippe Yvin, et "ce volume représente entre 10 et 20% de la production annuelle de déchet en Ile-de-France, donc c'est un volume très important".

Objectif : "Privilégier des modes de transport fluvial et ferroviaire"

D'ailleurs, sur l'ensemble des déchets, "il y a environ 10 % de terres polluées, 45% de terres gypsifères (Ndlr : donc sulfatées) et 45% de terres inertes", a détaillé Philippe Yvin, soulignant les "coûts extrêmement différents" de traitement de ces différents types de déchets. Le maître d'ouvrage ambitionne donc de "privilégier des modes de transport fluvial et ferroviaire" pour l'évacuation des déchets.

 

Ainsi pour le chantier de la ligne 15 sud, des accords sont "en train d'être conclus" avec Port de Paris et Réseau ferré de France (RFF) pour la mise en place de deux plateformes fluviales au plus près des futurs tunnels avec l'un, et des sillons ferroviaires négociés avec l'autre, souligne la SGP.

 

La question de la "traçabilité" des déchets sera un des points novateurs de ce chantier, s'est enfin engagé Philippe Yvin, de même que la valorisation des déchets. Il s'agirait de les transformer en matières premières réutilisables dans des chantiers d'aménagement en Ile-de-France. Les terres gypsifères pourraient servir à combler les carrières de gypse ou être réemployées dans l'industrie du plâtre, complète le président de la SGP, qui y voit des possibilités de nourrir une "économie circulaire". Des aménagements de la réglementation seraient alors nécessaires, et des discussions en ce sens ont été entamées avec le ministère de l'Ecologie.
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