SINISTRE. Le 3 juillet 2019, la principale station d'épuration de la région parisienne, située à Achères dans les Yvelines, a subi un incendie qui a causé des dégâts matériels importants et engendré une pollution de la Seine. Détails.

Ce mercredi 3 juillet 2019, un incendie s'est déclaré à la principale station d'épuration de la région Ile-de-France, basée à Achères, dans les Yvelines. Baptisée Seine-Aval, elle est l'une des plus grandes du genre à l'échelle européenne, et traite 70% des eaux usées de l'agglomération parisienne. Le site, classé Seveso et exploité par le Syndicat interdépartemental pour l'assainissement de l'agglomération parisienne (Siaap), a donc subi d'importants dégâts matériels à cause du feu, que les pompiers ont mis plusieurs heures à maîtriser : le sinistre serait parti "au niveau du local de stockage de chlorure ferrique" dans le bâtiment dédié à la "clarifloculation", d'après un communiqué de l'organisation - la clarifloculation est un procédé à la fois physique et chimique qui permet principalement d'enlever les matières en suspension dans l'eau.

 

La partie du site où sont chimiquement traitées ces eaux usées a été "gravement et durablement endommagé (...) détruisant notamment la totalité des cuves de chlorure ferrique utilisées" dans le processus d'assainissement. Mais si aucune conséquence sanitaire n'est à déplorer pour le moment, il en est autrement sur le plan environnemental : en amont de la Seine (donc en direction de Paris), le sinistre n'a engendré aucune conséquence ; en revanche, l'aval du fleuve a été durement touché par une pollution. Ce qui a eu un impact sur la faune locale : 3,5 tonnes de poissons morts ont été repêchées, et les communes riveraines ne cachent pas leur inquiétude.

 

"Les actions conduites (...) ont permis de retrouver une qualité de traitement des rejets normale, à l'exception du phosphore"

 

La situation a évolué au cours du weekend, mais le Siaap a dressé un nouveau point d'étape ce dimanche 7 juillet : "Les actions conduites (...) ont permis de retrouver depuis vendredi 5 juillet, 16 h, une qualité de traitement des rejets normale, à l'exception du phosphore non pris en charge en raison de l'arrêt de l'unité ayant subi l'incendie", explique le syndicat dans un communiqué. "Le taux d'oxygène dissous en Seine est donc redevenu propice à la vie piscicole dans la zone avale proche de l'usine depuis vendredi fin d'après-midi. La mortalité piscicole très importante qui a été constatée ce weekend dans cette zone s'explique par la diminution significative de ce taux d'oxygène dans les premières heures ayant suivi la déclaration de sinistre." Pour le Siaap, "le pic de mortalité des poissons" aurait donc été atteint durant le weekend des 6-7 juillet, et les impacts sur l'environnement devraient s'amoindrir dans les prochains jours. Ce lundi 8 juillet, une nouvelle opération de ramassage des poissons morts dans des zones difficiles d'accès a encore eu lieu sur les rives d'Herblay (Val-d'Oise) et de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines). Une partie des flux de la station d'Achères a été redirigé vers d'autres sites d'épuration franciliens, ce qui, selon le syndicat, a "permis de réduire considérablement les volumes d'eau pouvant potentiellement présenter le risque de fragiliser l'équilibre écologique du milieu naturel".

 


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