EVENEMENT. Le salon World Efficiency va (re)faire de Paris la capitale mondiale de la transition écologique pendant trois jours, en proposant des rencontres et des interventions autour de solutions pratiques liées à l'efficacité énergétique et au développement durable. Stéphanie Gay-Torrente, la directrice de l'événement, nous dévoile toute l'ambition de son programme.

Né en marge de la COP21 en décembre 2015, le salon international World Efficiency est un événement encore jeune mais déjà très ambitieux. Il vise à faire, une nouvelle fois, de Paris la capitale mondiale de l'environnement, puisqu'il se déroule à la porte de Versailles (15e arrondissement) en parallèle du sommet One Planet, voulu par le président de la République.

 

Stéphanie Gay-Torrente, la directrice de World Efficiency, nous explique : "Le principe est de créer un événement où l'ensemble des acteurs, politiques et économiques, peuvent échanger pour des actions concrètes autour du climat et de la transition". Le salon se veut très pragmatique, afin de faciliter les rencontres entre porteurs de projets d'un côté et développeurs de solutions de l'autre. "L'idée n'est plus de débattre mais maintenant d'accompagner la mise en œuvre", fait valoir la directrice, qui souhaite accélérer le développement d'une économie sobre en ressources.

 

Un panel atypique

 

En tout, plus de 200 exposants différents viendront présenter leurs projets et leurs technologies ou procédés, aussi bien des acteurs de la ville et des territoires, que des industriels, grands ou petits. Des startups côtoieront ainsi des géants comme Bouygues, Saint-Gobain, Schneider Electric, Rockwool, la SNCF et la Poste. Notons également la présence de Microsoft monde, de l'Alliance mondiale Solar Impulse et de Station F, la pépinière d'entreprises parisienne. "C'est un panel atypique, inédit, dont l'objectif est de créer des rencontres exclusives", nous confie Stéphanie Gay-Torrente.

 

La directrice espère que tous dialogueront et que des collaborations et partenariats se nouent ainsi. Interrogée sur les tendances observées, elle répond : "Les solutions sont très différentes et peuvent prendre la forme de conseils, d'expertises, de méthodologies… Mais l'approche est transversale et toutes les activités économiques sont concernées, qu'il s'agisse d'infrastructures et de transports, que de bâtiment, d'énergie, d'eau ou d'industrie". Chaque problématique sera donc abordée. Le numérique et la digitalisation seront au cœur de biens des présentations, avec la multiplication des outils informatiques de simulation et de calcul, capables de traiter des quantités énormes de données bien en amont et agissant comme des aides à la décision. L'Alliance HQE-GBC, par exemple, proposera un atelier intitulé "Le numérique au service des habitants du bâtiment durable", avec la participation d'Icade et d'Altarea-Cogedim. Il sera également question d'intelligence artificielle, de télégestion et d'objets connectés.

 

Pour une économie circulaire ET bas carbone

 

Autre thématique, celle de l'économie circulaire et bas carbone, "pour limiter la consommation des ressources et de l'énergie". Là encore, le salon privilégiera l'approche transverse et les grands enjeux, pour les villes et l'industrie. La directrice de l'événement note : "Les filières du béton ou du verre plat par exemple, reviendront sur les modifications importantes de leurs process, de leurs modes d'organisation et de management, et sur leurs nouveaux outils de conception". La question du réemploi des matériaux sera abordée de même que celle de la collecte et du tri, à la base même de tout principe de recyclage.

 

Des échanges internationaux sont également programmés, notamment entre la France et l'Italie, sur des retours d'expériences de stratégies mises en place. "La collaboration internationale est un sujet réel à l'échelle de l'Union. L'engagement européen est essentiel pour atteindre une masse critique dans certaines filières", note Stéphanie Gay-Torrente. La directrice précise que de nombreuses délégations sont attendues, venant de Finlande, d'Ecosse et de bien au-delà, du Vietnam, du Chili et de Colombie. Les visiteurs internationaux devraient d'ailleurs représenter plus du tiers des 6.000 personnes attendues à la porte de Versailles pendant ces trois jours (12-14 décembre 2017).

 

Différentes annonces devraient être faites sur le salon, notamment de la part de Microsoft, lors d'une keynote le mercredi 13 décembre, ou de la part du programme C40 des grandes villes de la planète. Ces dernières devraient dévoiler des éléments de l'initiative "Reinventing cities", calquée sur Réinventer Paris, qui ouvre des sites à des projets de réaménagement urbain. "D'autres ateliers seront animés par des villes comme Belo Horizonte (Brésil), sur la mobilité et les infrastructures, ou Cincinnati (Etats-Unis), sur l'efficacité énergétique", ajoute la responsable. La problématique des financements, enfin, ne sera pas éludée : "C'est aussi un volet important", nous confirme Stéphanie Gay-Torrente. Des fonds d'investissement autant que des plateformes de financement participatif seront donc présents sur World Efficiency, tout comme des opérateurs publics et privés capables de soutenir autant des gros projets que des micro-initiatives. Toute la planète verte s'est donc, encore une fois, donné rendez-vous dans la Ville lumière.

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