BRICOLAGE/AMÉNAGEMENT. L'association des industriels du bricolage, du jardinage et de l'aménagement du logement évolue dans la continuité et change ses statuts et son objet social. Mais Jean-Eric Riche, son président, continue d'œuvrer pour que les industriels du secteur s'adaptent en permanence aux changements de leurs marchés.

Adieu Unibal, aloha Inoha ! L'association des industriels du bricolage s'offre une nouvelle jeunesse et change de nom. Car les habitudes de consommation ont changé et que les entreprises du secteur suivent le mouvement, la refonte de l'identité traduit la volonté d'innovation. Ainsi, le "I" vient d'industriels, "No" provient de nouveautés et "Ha" est tiré d'habitat. "L'habitat et ses extérieurs !", insiste Jean-Eric Riche, président de l'association. "Nous ne sommes pas un syndicat, mais une association qui est là pour donner une meilleure vision du marché à ses 265 adhérents", poursuit-il.

 

Logo
Logo © Inoha

 

Les consommateurs ont, en effet, changé leurs modes d'achat, avec l'arrivée des ventes en lignes, des sites comparateurs de prix, des tutoriaux et essais en vidéo… "La distribution doit s'adapter et se préparer à l'arrivée des acteurs du e-commerce. D'où le repositionnement d'Unibal comme fédération d'industriels à vision large, à 360°", annonce le président. Autres grandes transformations, l'importance actuelle de la transition écologique, de l'intelligence artificielle et de la maison connectée qui viennent bouleverser les modes de vie et de travailler. Jean-Eric Riche cite l'exemple du "home office", cet espace de travail que certains aménagent chez eux pour faciliter le télétravail et éviter des trajets longs, coûteux et inutiles.

 

Travailler sur l'image de marque, la numérisation et le recyclage des produits

 

Inoha continuera de faire le lien entre industriels et distributeurs, en poussant les uns et les autres à développer leur présence numérique. "Les ventes en ligne représentent moins de 4 % du marché, ce qui est encore relativement faible", détaille Jean-Eric Riche. Mais sur certains segments comme l'outillage électroportatif, cette proportion est bien plus élevée, de l'ordre de 15 % des ventes. D'autant que les industriels observent désormais une plus grande porosité entre les réseaux grand public et ceux qui étaient autrefois réservés aux professionnels. D'où la tentation des industriels de s'adresser directement aux consommateurs. Et la recherche de prix les plus bas pourrait également faire naître le besoin, pour les marques de développer des gammes spécifiques pour les distributeurs (à l'image des marques de la grande distribution). Le président d'Inoha fait remarquer : "Il faudrait faire vivre nos marques. Il y a une nécessité de les faire connaître et qu'elles gagnent en notoriété". Il explique qu'en moyenne, une plateforme de grande surface de bricolage (GSB) référence pas moins de 600 marques dont seule une poignée est connue des consommateurs.

 

Interrogé sur la situation préoccupante de Kingfisher (Castorama, Brico Dépôt) et de Mr.Bricolage, Jean-Eric Riche répond : "Cela a évidemment des impacts sur nos marchés. Nous nous adaptons. C'est une période de mutations très fortes. Ce qui signifie à la fois menaces et opportunités liées à ces grands mouvements". Le président d'Inoha évoque des risques surtout pour les PME qui ne se seront pas adapté à la digitalisation. Quant à la mise en place d'une filière à responsabilité élargie des producteurs (REP) pour les articles de bricolage, à l'image de ce qui a été mis en place pour l'électroménager, Inoha précise être en cours de réflexion avec ses industriels adhérents. Ces derniers travailleraient déjà à la réduction des déchets (conditionnement, polluants) et à l'anticipation du recyclage des produits en fin de vie, voire à leur "réparabilité". L'association est également en cours d'audit et de prise de contact avec les éco-organismes afin de mieux appréhender les conséquences et possibilités de cette filière de récupération.

 

actionclactionfp