Plutôt impromptu ! En effet, avec ses échalas de châtaigner en façades, le nouveau restaurant universitaire de la rue de Mabillon située dans le 6ème arrondissement de Paris, interpelle et étonne nombre de riverains assurant ainsi sa petite notoriété.
Pourtant le pari n'était pas gagné, notamment en raison des préoccupations sécuritaires, des risques d'incendie et du traitement du bois. Finalement, l'idée a été validée par les architectes des bâtiments de France : «Nous avons beaucoup discuté et sommes tombé d'accord puisque les longs rondins rappellent l'horizontalité de l'architecture initiale du bâtiment», raconte Patrick Mauger, concepteur du projet.
Cette enveloppe, inspirée de la gare de Tramway à Nice de Marc Barani, a permis d'améliorer les performances thermiques et le confort d'été de l'immeuble puisque les échalas jouent un rôle de brise-soleil en partie haute en tamisant la lumière. Pour compléter l'ensemble, du double vitrage a été posé. Résultat : la consommation atteint environ 80-82 KWh/m2/an, soit les objectifs du plan bâtiment grenelle de la Ville de Paris. Quant au châtaigner, il a été choisi dans un souci d'économie financière : un matériau brut et une mise en œuvre minimum à travers les rondins tenus par un système de crémaillère et des câbles en inox.
Bientôt un lieu culturel
Si l'originalité des façades assure la nouvelle identité du site, l'intérieur du bâtiment n'est pas en reste puisqu'il a été entièrement repensé en commençant par l'organisation. Exit le système de livraison implanté auparavant en rez-de-chaussée. Désormais, on peut profiter d'un espace café cosy : «Nous avons tout particulièrement fait attention au mobilier pour qu'il soit chaleureux», confie l'architecte. Au programme : fauteuils en bois, tables en verre et luminaires modernes. Baptisé Mab café, le lieu se veut dans la tendance des établissements MC Donald qui n'hésitent pas à revoir leur design pour soigner leur image.
Pour le Mab Café, l'objectif est de dynamiser le quartier mais également de permettre aux étudiants d'organiser des expositions, des manifestations et des conférences. Dans les trois étages supérieurs, place à la restauration. Ici, point de cuisine (puisque celle-ci se trouve désormais au -1) mais des coins aménagés avec des tables et des chaises contemporaines différentes selon les paliers. «Et plus on monte, plus c'est chic. De même, plus on grimpe plus la couleur choisie, le rouge, est prononcée», souligne Patrick Mauger. Enfin, une signalétique sur les murs se retrouve à chaque niveau : il s'agit de citations culinaires issues de la littérature. Des détails amusants que semblent apprécier les occupants qui s'amusent à chercher de quels livres sont extraits ces fragments.
Ouvert depuis octobre 2011, le restaurant a atteint 1.200 repas midi et soir, le but affiché étant de progresser à 1.500. Reste également au lieu à s'imposer comme espace culturel : «Il faut laisser un peu de temps afin de mettre tout ça en place», glisse une des responsables du site. En tout cas, tous les ingrédients sont réunis pour réussir. A suivre…
Céline Galoffre
Vue du restaurant Mabillon - avant

En 1952, le restaurant ouvres ses portes aux étudiants du quartier latin face au marché Saint-Germain. Son architecture : des grands bandeaux vitrés et du béton apparent.
Céline Galoffre
Le restaurant univsersaire nouvelle génération

Patrick Mauger a restauré le bâtiment en lui offrant un nouvel habit : des rondins de châtaigner.
Céline Galoffre
Façades

Le bâtiment dispose de deux façades qui sont orientées sud-est et sud-ouest.
Céline Galoffre
Détail façade

Les rondins de bois jouent un rôle de brise-soleil.
Céline Galoffre
Vue d'ensemble

Avec ses façades en châtaigner, le bâtiment s'offre une identité singulière.
Céline Galoffre
Vue de nuit

Le bâtiment accueille les étudiants de 11h30 à 14h et de 18h à 20h.
Céline Galoffre
Echalas de châtaigner

A peine équarris, les échalas reçoivent un traitement fongicide, insecticide, hydrofuge. Ils sont tenus par un système de crémaillère et de câbles inox.
Céline Galoffre
Espace café

Un des objectifs du projet était d'ouvrir le lieu en rez-de-chaussée. On peut voir ici de grande baie et la décoration qui se veut sobre et raffinée.
Céline Galoffre
Menu

Endroit où sont affichés les menus des trois étages supérieurs.
Céline Galoffre
Etages

Les espaces de restauration prennent place dans les étages. Ici, on peut voir la salle du premier étage.
Céline Galoffre
Un décor rouge

La décoration des salles de restauration est rouge. Et plus on monte, plus le rouge est présent.
Céline Galoffre
Signalétique

La signalétique joue sur des citations culinaires de grands auteurs.
Céline Galoffre
Fenêtre sur... rue

Le principe d'un long mange-haut a été conservé de manière à profiter de la vue sur la ville.
Céline Galoffre
Coupe

On distingue ici les étages et les sous-sol. Dans ces derniers se situent la cuisine et les espaces de stockage et de vestiaires.
Céline Galoffre
Découpage

A noter qu'au dernier étage, on trouve un espace VIP rafraîchi par le cabinet d'architectes.
Céline Galoffre
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Maîtrise d'ouvrage : CROUS Paris
Maîtrise d'œuvre : Patrick Mauger, Béatrice Brun, Bertrand Perreaux
Surface Shon : 2.700 m2
Coût : 4,2 millions d'euros
Réalisation : 2010-2011
Livraison : 2011