OUTIL. L'OPPBTP a publié début décembre un guide pour identifier et prévenir le risque plomb, en anticipant l'évolution des futures règles européennes. Il vise à permettre une montée en compétence rapide des acteurs du secteur.

Entre 50.000 et 150.000, c'est le nombre d'ouvriers qui manipulent du plomb en Europe. En dehors des cas particuliers des peintures et canalisations d'eau potable, son utilisation n'est pas interdite en France, malgré son classement parmi les produits CMR (cancérogènes, mutagènes, reprotoxiques).

 

A compter d'avril 2026, les valeurs limites européennes d'exposition (VLEP) et les valeurs limites biologiques (VLB) du plomb seront toutefois fortement abaissées. C'est dans ce contexte que l'Organisme professionnel de prévention du bâtiment et des travaux publics (OPPBTP), relié au ministère du Travail, a publié au début du mois de décembre un guide complet d'une cinquantaine de pages, dédié à l'évaluation du risque d'exposition au plomb avant travaux, dans le but d'anticiper l'évolution du cadre européen.

 

Paul Duphil, le secrétaire général de l'OPPBTP, déclare vouloir "apporter au secteur une vision complète, fiable et opérationnelle pour agir sur le risque plomb, souvent sous-estimé par rapport à l'amiante, alors qu'il entraîne des conséquences sanitaires majeures".

 

Quels risques et effets ?

 

Concrètement, quels sont les risques pour la santé des personnes exposées ? L'OPPBTP indique que le plomb est considéré comme toxique "sans seuil", ce qui signifie que des effets sont possibles même à faible dose. Il pénètre dans l'organisme par les voies digestives et respiratoires, et cause de nombreux effets sur la santé, notamment des troubles de la fertilité, une insuffisance rénale chronique... Mais peut aussi déclencher le saturnisme, se traduisant par "des retards de développements (neurologiques et/ou physiques) chez les enfants […] dont l'entourage est exposé professionnellement (chaussures et vêtements pollués et ramenés au domicile)". Dans les os, le plomb met 10 à 30 ans avant de perdre la moitié de sa toxicité. Il est donc "petit à petit relargué dans le sang".

 

Même si son usage est encadré, le plomb reste fréquent dans le bâti français. On en retrouve ainsi dans les "peintures anciennes, […] certains enduits, vernis, colles et plâtres, dans les canalisations […], dans des matériaux industriels ou techniques, ou encore dans les faïences et carrelages".

 

Une ressource pour permettre une " montée en compétence rapide "

 

Le guide fait ensuite état des diagnostics existants pour évaluer la présence de plomb. En précisant que si, à l'inverse de la réglementation amiante, "le repérage plomb avant travaux n'est pas prévu par le Code du travail, […] il reste attendu au titre de l'évaluation des risques".

 

Enfin, le guide détaille les différentes méthodes d'analyse des matériaux et produits contenants du plomb et dans les poussières, que sont "l'analyse par fluorescence X, l'analyse chimique et le test lingette".

 

Pour Paul Duphil, " les nouveaux seuils européens rendent indispensable une montée en compétence rapide de tous les acteurs ". Le guide est à retrouver sur le site www.preventionbtp.fr.

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